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mahawks, calumets), une très belle
statue du Christ, et des reliquaires,
Fun contenant des os de Kateri.
Dans la lumineuse eglise se trouve
son tombeau surmonté de sa statue.
En dehors du sanctuaire que nous
visitons, il en existe un autre sur le
lieu de son baptême a Fonda dans
I'Etat de New York. On retrouve
NC TU AIRS par ailleurs souvent son image
I TEKAKWITHA
dans les anciennes églises des mis-
56-1680
sions du Sud-Ouest américain øü
SHRINE
elle est très vénérée, et sa statue
trône sur le parvis de la cathédrale
de Santa Fe an Nouveau-Mexique.
Difficile de ne pas être touché par
empirèrent encore pour elle : on ac- lement a cette époque, portant une le destin de cette jeune Indienne
cusait cette chrétienne trop assidue ceinture cloutée, dormant sur un qui a sacriflé sa vie pour sa foi.
d'abandonner les travaux de la corn- lit d'épines, se plongeant dans l'eau C'est une page assez mal connue de
munauté pour ne s'adonner qu'aux glaciale ou se brülant les pieds avec l'histoire du continent américain
obligations de sa nouvelle foi. Son des tisons, souhaitant par là imiter et de sa rencontre avec 1'Occident.
martyre avait commence. Menacée la Passion du Christ. Elle fut rejointe
de mort, calomniée, lapidée, Te- bientôt par un groupe de < scurs>> Kahnawake semble un pen en de-
kakwitha subissait tout cela avec qui la suivaient dans ses pénitences. hors du temps, et lorsque l'on se pro-
la calme endurance des premiers De sante fragile, infirme depuis son mène derriere l'église sur les berges
Chrétiens. Un havre de paix s'offrait plus jeune age et affaiblie encore presque vierges du Saint-Laurent,
pourtant a elle, la mission Saint- plus par de tels traitements - que et que l'on peut voir de l'autre côté
Francois-Xavier, celle-là même on l'on pourrait considérer comme une se dessiner la grande métropole de
nous nous trouvons. C'est pour la re- sorte de projection ou réinterpréta- Montréal avec l'incontournable sil-
joindre qu'elle s'enfuit en 1677 grace tion des tortures rituelles pratiquées houette du dome de l'Oratoire Saint-
A des complices, poursuivie par son par les propres Indiens, en parti- Joseph, on se met a rêver an passé
oncle, un chef de guerre violent culier sur leurs prisonniers - elle amérindien et a cette figure si singu-
et irascible. Installée a la mission, mourut le 17 avril 1680. On pré- here qui fut celle de ha bienheureuse
surnommée << le village de la prière >>, tend alors que son visage autrefois Kateri Tekakwitha.
et malgré de nouvelles pressions ingrat devint d'une grande beauté.
On ne tarda pas a Iui rendre un Texte et photos :
culte, de très nombreuses guéri- Jean-Michel Wissmer
Sons miraculeuses furent accom-
plies grace a son intercession, ce
qui lui valut d'être béatifiée en
1980 par le Pape Jean-Paul II. Les
démarches pour sa canonisation
sont en route, ce qui ferait de Ka-
teri Tekakwitha, surnommée aussi
le Lys des Mohawks >>, la pre-
mière sainte indienne d'Amérique.
Dans le petit musée sont exposés
plusieurs portraits de la bienheu-
reuse, en particulier le plus ancien
qui nous soit parvenu (et donc le plus
fidèle aux traits reels de 1'Indienne),
celui peint par le Père Chauchetière,
insistantes pour qu'elle se ma- Fun de ses biographes et confes-
rie, elle prononça ses vux de seurs, et qui daterait de 1696. Sont
virginité perpétuelle en 1679. conserves également plusieurs ob-
jets de culte (ostensoirs, calices),
Elle s'adonnait a de très cruelles des livres anciens (dont des gram-
mortifications, bien plus sévères maires et dictionnaires iroquois),
que celles pratiquées traditionnel- des objets traditionnels indiens (to-
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