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britannique est confrontée, à l’échelle domestique, à des attaques médiatiques à répétition. Les annonces de coupes budgétaires par le président des États-Unis ont relancé un débat sur l’aide. L’Allemagne, qui a atteint les 0,7 % du RNB l’an dernier grâce à une impressionnante croissance de son APD, affirme cependant qu’elle ne peut incarner un leader isolé sur la scène internationale, et recherche par conséquent un partenaire sur qui compter pour agir avec elle dans le domaine du développement.
Les États-Unis : le difficile leadership global
Aux États-Unis, les représentants et sénateurs des deux partis qui s’intéressent de près aux questions du développement international sont alliés, et ce depuis les années 1930. S’il existe des divergences de point de vue entre républicains et démocrates, et au sein même des partis, la nécessité du développement n’est pas débattue. On constate que les ONG et entreprises engagées sont relativement indépendantes vis-à-vis d’un État qui associe aide au développement aux enjeux diplomatiques et de défense. Jusque-là en effet, ce domaine de l’action publique a été épargné par les polémiques, étant présenté comme un des instruments de la politique étrangère américaine œuvrant à la sécurité nationale. Mais le consensus sur la politique d’aide au développement s’apparente peut-être davantage à un statu quo : il semble dépendre de sa mise à l’écart du débat public. La partie la plus visible du développement en est la prise régulière d’initiatives présidentielles : ces grandes initiatives à thème (VIH/Sida, Énergie/Afrique...) sont plus médiatisées et font partie intégrante de la communication autour du président. En dépit d’un milieu intellectuel très actif sur cette question, l’aide ne concerne en fait que les élites intéressées : l’opinion publique en sait très peu sur la politique de développement américaine, et ne la soutient ni ne la condamne.
L’Allemagne : l’engagement sociétal
En Allemagne également, les parlementaires sont unanimes sur l’importance de l’aide au développement, évoquée sous le titre de coopération internationale. À la différence des États-Unis cependant, l’ensemble de la société est engagé sur les questions globales et de durabilité, affirmant son adhésion aux ODD. L’engagement à la mesure de chacun est vivement encouragé. La notion de devoir moral est en effet inculquée à tous dès l’école et se traduit par un soutien populaire solide aux acteurs plus spécialisés du développement : ONG, associations, élus et fondations politiques, Églises, entreprises...
Synthèse
Chercher l’accord sur l’aide publique au développement


































































































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