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Manifeste : Conférence des femmes cinéastes africaines
Johannesburg, Afrique du Sud, 3 septembre 2010
Signé par Tsitsi Dangarembga (Zimbabwe), Beti Ellerson (USA),
Seipati Bulani-Hopa (Afrique du Sud)
La réunion de ratification du manifeste s’est tenue au Festival International du
Film d’Images pour les Femmes (IIFF) 2010, à Harare, au Zimbabwe, avec des
délégations venues d’Afrique et de pays européens
S’étant réunies au Goethe Institut de Johannesburg, lors de la Conférence
des Femmes Cinéastes Africaines qui s’est tenue du 2 au 5 septembre 2010;
Ayant délibéré sur la mauvaise représentation et la sous-représentation
continues des femmes en général, et en particulier des femmes africaines
dans le monde entier, dans les médias d’images en mouvement;
Reconnaissant notre exclusion en tant que groupe d‘une part équitable
des ressources de toutes natures qui constituent les moyens de représenta-
tion dans le milieu des images en mouvement sous toutes ses formes.
Reconnaissant que les médias représentent une voix sociale et une po-
sition d’autorité, de sorte que ce qui apparaît dans les médias est socialement
renforcé et que ce qui n’apparaît pas dans les médias est socialement dé-
responsabilisé, avec pour résultat que les images animées grand public
contribuent à poursuivre l’assujettissement des femmes, et en particulier
des femmes africaines.
Reconnaissant la plate-forme qui nous a été offerte par le Goethe Institut de
Johannesburg, cette réunion de femmes praticiennes du cinéma demande à tous
les ministères nationaux de la culture et à tous les diffuseurs publics nationaux de
notre continent, ainsi qu’à la Commission de la Culture de l’Union africaine, de
prendre les mesures appropriées, en collaboration avec les structures représenta-
tives des praticiennes du cinéma africain (telles que l’UPAFI et les organismes
affiliés), ainsi qu’avec les organismes régionaux (tels que les femmes cinéastes
du Zimbabwe), pour organiser des consultations visant à mettre en place des mé-
canismes de mise en œuvre, avec des considérations critiques et urgentes, de ce
manifeste.
Ce manifeste, rédigé en ce jour du 3 septembre 2010, déclare ce qui suit:
1. Que les femmes africaines pratiquant le cinéma bénéficient d’un privilège de
50% de toutes les ressources publiques et privées de développement, de production
et de distribution, y compris les ressources humaines investies dans les médias
d’images en mouvement sous toutes leurs formes sur le continent africain.
2. Que tout le contenu de la radiodiffusion, qu’il soit privé ou public, se
conforme à un protocole de contenu déterminé par les femmes à hauteur de 50%,
par la mise en place de bureaux de genre, et par d’autres stratégies, dans tous les

