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Beti Ellerson / Les professionnelles africaines du cinéma    639

          Festival International du Film d’Images pour les Femmes (IIFF) 2011

            Lors de la cérémonie de clôture de la dixième édition du Festival International
          du Film d’Images pour les Femmes (IIFF) en 2011, Tsitsi Dangarembga, fonda-
         trice et directrice sortante, a réfléchi sur la première décennie du festival.
            Voici des extraits de ce discours, prononcé le 26 novembre 2011 à Harare, au
         Zimbabwe, et publié pour la première fois sur le blog African Women in Cinema.

            Ce fut dix années intenses de lutte. Dix années intenses à insister sur le
         fait qu’il y a une place pour les femmes, les femmes de couleur, les afri-
         caines, les Zimbabwéennes, dans cette industrie qui nous est si souvent fer-
         mée. Dix années au cours desquelles nous avons parfois dû piquer des crises
         de colère pour nous faire comprendre. Ce furent aussi dix années extraor-
         dinaires de fraternité.
            L’idée d’un festival de films de femmes m’est venue à l’esprit parce que
         le genre est vraiment l’une des composantes du cinéma que nous devons
         examiner de très près pour voir comment les films affectent notre monde,
         et affectent notre comportement, en particulier notre comportement dans
         les relations entre les sexes. J’ai donc soumis l’idée à quelques personnes.
          L’une des personnes à qui j’ai soumis l’idée était Jackie Cahi, l’une des
          personnes qui m’a vraiment accompagné dans ce voyage, avec Doreen Si-
         banda et Soukaina Edom. Ensemble, nous nous asseyions dans les mai-
         sons des uns et des autres, nous buvions du thé et nous élaborions des plans.
          Nous avons réussi à lancer le festival en 2002. Cette année-là, nous avons
          présenté six films du Zimbabwe, dont un film 35 mm. Ce festival de 2002
          a été rendu possible grâce à deux femmes de l’ambassade britannique de
          l’époque, Grace Mutandwa et Sophie Honey, et à l’ambassadrice belge
         de l’époque, Madame Fankinett. Et d’autres femmes dans les missions di-
         plomatiques et les organisations ont pu donner un coup de main. C’est vrai-
          ment le cas depuis le début.
            Nous  avons  reçu l’ancienne  ambassadrice allemande au  Zimbabwe,
         Karin Blumberger Sauerteig. Il y a eu Madame Baherle de l’ambassade
         de France, il y a eu Kari Thorsen de l’ambassade de Norvège, c’était un
         tel plaisir de voir des femmes soutenir d’autres femmes. L’ambassade de
         France continue de nous soutenir. L’ambassade d’Iran a été d’un grand sou-
         tien avec des films merveilleux.
            Et puis il y a eu les hommes qui nous ont soutenus. Nous nous engageons
         de plus en plus auprès des hommes, car il y a toute une série de jeunes
         femmes qui sont convaincues qu’elles peuvent gérer les aspects techniques,
         elles vont partout dans le monde pour parler de ce que nous avons fait...
         Ensuite, l’UNWOMEN (anciennement UNIFEM) s‘est jointe à nous pour
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