Page 14 - Rebelle-Santé n° 227
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ENVIRONNEMENT
  labour, qui libère du CO2, mais la réintroduction dans le sol de matières organiques. La fertilité et la diversité biologique du sol sont améliorées par l’ajout de compost et la rotation des cultures. Et toute intervention sur le milieu végétal est basée sur une connaissance précise des cycles naturels de développement des plantes et des écosystèmes.
En France, cette approche com- mence à faire son apparition dans l’élevage, notamment dans l’ouest du pays avec l’élevage pâturant. La première rupture consiste à re- mettre les vaches dans les prés et à arrêter l’alimentation à base de maïs et de soja. Lequel soja vient majoritairement d’Amérique latine et issu de culture OGM.
ENTRAIDE ET ÉCHANGES DE PRATIQUES
Mais quitter l’élevage conven- tionnel pour se lancer dans cette pratique n’est pas un choix facile. La crainte d’une forte baisse des rendements est légitime et les conseillers-commerciaux sont là pour dissuader l’éleveur de quitter son fournisseur. C’est là qu’inter- viennent les réseaux d’entraide et d’échange de pratiques comme la
CIVAM (2). Cette association teste de nouvelles techniques, anime des groupes d’échanges pour adopter des systèmes de production plus économes, plus autonomes et de moindre impact environnemental.
FACILITER LE CHANGEMENT
« Nos groupes correspondent aussi à une nouvelle génération d’agri- culteurs, plus jeunes et davantage formés. On cherche beaucoup, on se renseigne et quand on trouve de nouvelles façons de faire, on les par- tage. On fait également appel à des experts pour améliorer nos connais- sances. » Antony Vasseur, à peine 30 ans, est président de la fédéra- tion de la CIVAM de la Sarthe. Il a repris les 40 vaches du troupeau de son père qui était dans les pre- miers à abandonner l’alimentation au maïs. L’exploitation est passé en bio en 1998. Pour Antony Vasseur, si le bio est partie intégrante de cette nouvelle pratique d’élevage, elle va au-delà, et l’association ne ferme pas sa porte aux agricul- teurs non bio. « Quand on fait un groupe sur le pâturage, au bout de quelque temps, la majorité de ceux qui n’étaient pas en bio font le pas- sage. Du coup, on amène d’autres agriculteurs à franchir le pas. »
LES CLÉS DE LA MÉTHODE
Finie la stabulation, les vaches vont se nourrir elles-mêmes dans les prairies au lieu de consommer des céréales ou des oléagineux. Les vêlages sont synchronisés avec la période de meilleure pousse de l’herbe, au printemps. Et la ges- tion des prairies est optimisée pour favoriser la pousse, la diversité et l’alimentation du bétail. Ainsi, avec le pâturage tournant dynamique, le pré est divisé en parcelles. Au lieu de brouter d’abord les meilleures herbes sur l’ensemble de la prai- rie, puis au bout de quelques jours, les herbes un peu moins appétis- santes, en étant sur une parcelle plus petite, les ruminants vont manger tous les types d’herbes dès le début, équilibrant leurs apports alimentaires. Au bout de trois jours, on change de parcelle pour laisser repousser le premier secteur et recommencer le cycle.
Aucun fertilisant n’est répandu sur les prairies, les vaches font le tra- vail sur place avec leurs bouses. Il suffit de les conduire à l’étable pour la traite. Cela entraîne moins de mécanisation, donc moins de matériel et moins de consomma- tion de carburant.
  Partage d'expériences pour des campagnes vivantes
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