Page 40 - LES FLEURS DE MA MEMOIRE BIS
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LES OREILLERS DE COMBAT
Un dimanche nous faisions la grasse matinée pendant que les
parents étaient occupés au rez-de-chaussée. Mon frère ne ratait donc
pas cette occasion pour s’adonner à quelques facéties.
C’est ainsi qu’il vint dans ma chambre pour me taquiner. Nous
avions déclenché une bataille, avec une nouvelle stratégie «les
oreillers de combat».
Mon père, attiré par les bruits et disputes du premier étage
intervint pour mettre un terme à ce vacarme.
Quelle ne fut pas sa surprise de voir les plumes des oreillers
virevolter dans toute la chambre, devant notre insouciance et nos
rires d’enfants. Lorsque mon père essaya d’y mettre un terme, et
nous d’échapper à une probable punition, je tentais de m’esquiver
par l’escalier, suivie par mon frère que je n’avais même pas remarqué
derrière moi dans cette précipitation.
Arrivée au rez-de-chaussée, je refermais avec une certaine
rapidité la porte du séjour en la claquant vivement quand j’eus la
désagréable surprise de me rendre compte que mon frère juste
derrière moi, venait de subir un accident par ma faute, puisqu’il se
prit la poignée de la porte que j’avais brutalement refermée, sur lui et
dans l’oeil gauche.
Mon frère hurlait, le sang giclait devant mon impuissance à y
remédier. Finalement et heureusement pour lui, il avait été atteint
juste au-dessous de l’œil, qu’il avait failli perdre à quelques
millimètres près.
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