Page 43 - LES FLEURS DE MA MEMOIRE BIS
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Seul détail auquel nous n'avions pas prêté attention, les portes
ne comportaient pas encore de poignée…Soudain un coup de vent
énorme provoqua un courant d’air qui referma et claqua la porte
derrière nous. Catastrophe ... Nous nous retrouvions tous enfermés
dans une pièce au dernier étage ! Surpris et pétrifiés de peur, les
camarades de mon frère se mirent à pleurer et je m'imaginais déjà
passer la nuit dans cette pièce vide et inconfortable, pleine de
courants d'air....
Finalement mon frère intrépide et courageux pris seul
l'initiative de trouver une solution de secours, il passa par l'étroit
rebord de la fenêtre pour atteindre la fenêtre voisine, puis cassa la
vitre afin de se retrouver dans les parties communes où se trouvait
l’escalier pour déboucher sur la sortie, afin de pouvoir nous libérer.
Je frissonnais à l'idée que mon frère ce héros, glisse du rebord de
fenêtre et tombe dans le vide. Finalement il réussit brillamment son
entreprise, et ses amis rassurés finirent par le suivre, sauf moi, du
haut de mes six ans je refusais avec insistance d'escalader le rebord
extérieur des fenêtres trop dangereux pour moi.
Sans solution et seule enfermée, je patientais et le temps
s’écoulait me paraissant interminable, avant l'arrivée triomphante de
mon frère suivi de ses camarades. Ils avaient déniché une barre de fer
avec laquelle mon frère s'évertua tant bien que mal à tenter de forcer
la porte. Du haut de ses dix ans, il n’avait pas suffisamment de force
ni d’envergure y arriver, mais il réussit finalement par faire un
énorme trou au centre de la porte, pour qu'un de ses camarades
pénètre dans la pièce où j'étais enfermée et enfin me délivrer.
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