Page 46 - LES FLEURS DE MA MEMOIRE BIS
P. 46
C'était une petite ville dans les années 1950, un peu avant les
évènements d'Algérie, où il faisait bon vivre puisqu'il y avait encore
la campagne, des prairies, des vaches et de nombreux champs.
La ruelle Wanin jouxtait le mur du bistrot sur un long un
chemin étroit pour aboutir à des prairies situées derrière chez nous,
où paissaient paisiblement quelques vaches des fermes voisines.
C'était le chemin que j'empruntais le matin pour me rendre à
l'école primaire « du Crétinier ».
A l'époque notre rue s'appelait rue des Fleurs, je trouvais cela
très romantique, mais elle fut rebaptisée par la suite Rue Louis
Dornier*.
Au bout de notre rue en direction de la frontière belge, sur
chaque trottoir et chaque coin on trouvait une ferme, où je me
rendais quotidiennement pour acheter le lait frais, avant qu'il ne soit
pasteurisé, je l'emportais dans un pot-au-lait. On y achetait
également au détail, le beurre, les œufs et le fromage blanc dont je me
régalais, tout le long du chemin.
Au fond de la rue il y avait un bois, « Le bois d'Halluin »,
l'endroit préféré des gamins du quartier pour s'amuser après l'école
ou pendant les vacances. Ce bois est devenu par la suite un grand
jardin public appelé Parc du Lion. Au fond du bois c’était la Belgique,
et comme je n'étais pas très réactive, je ne comprenais pas pourquoi
certains clients du bistrot me disaient "cours tu arriveras au bout de
la France" !...
Nous allions connaitre dans ce quartier des moments
inoubliables ...
*Maire de Wattrelos de 1944 à 1948.
45