Page 54 - LES FLEURS DE MA MEMOIRE ET SES JOURS INTRANQUILLES_Neat
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LE CENTRE AÉRÉ
Ce bistrot occupait la majeure partie du temps de mes parents, j'étais donc
heureuse à l'approche de l'été de pouvoir profiter du grand jardin en friche
seule ou avec mes frère et sœur, notre chien et nos chats, nous nous amusions
dans les hautes herbes folles, et nos jeux occupaient toute nos journées. Mais
lorsque les grandes vacances d'été arrivaient, nos parents trouvaient
préférable de nous envoyer au centre aéré, mon frère et moi, ce qui ne nous
enchantait absolument pas, puisque nous avions pris un certain goût à
l’indépendance. Je détestais ce centre aéré, je n'y trouvais aucune amie et je m'y
ennuyais. Je pense que mon frère ne l'appréciait guère non plus.
Le jour fatidique arriva et nos parents avaient confié à mon frère l'argent
de la cantine hebdomadaire pour nous rendre à ce fameux centre. Nous quittions
la maison sans grand enthousiasme en direction de cette destination indésirable,
pour l’inscription de la première semaine. Il faisait beau et une envie d'évasion
nous inspirait beaucoup plus que ce maudit centre aéré. Sur le chemin mon frère
me suggéra une alternative beaucoup plus intéressante, et comme je n'avais pas
d'autre solution que de le suivre, je décidais d’être la complice de ses
pérégrinations.
Avant d'entreprendre notre excursion, nous étions passés préalablement
chez l'épicier proche du centre aéré que nous venions de contourner, afin
d’acheter des bonbons et autres boissons sucrées, pour nous remplir l'estomac
durant cette agréable journée buissonnière que nous venions de projeter. Puis
nous avions emprunté des chemins à travers les champs pour aller retrouver
une bonne amie de mon frère, ravie de sa visite qui se prolongea un certain
temps. A mon humble avis il me semblait bien qu'elle fût l'élue de son cœur de
l’époque, mais je me réserve de ne faire aucun commentaire à ce sujet.
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