Page 58 - LES FLEURS DE MA MEMOIRE ET SES JOURS INTRANQUILLES_Neat
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LA MER
Les seules vacances dont j’avais profité avant ma neuvième année
s’étaient passées à la campagne, en Belgique où maman m’avait emmenée ainsi
que mon frère durant trois mois, pendant les grandes vacances d’été, je n'avais
que quatre ans et il fallait éradiquer cette maudite coqueluche dont j’étais
atteinte. Par la suite il m'arrivait d'aller faire un séjour chez une tante
maternelle à Leers, petite ville proche de Wattrelos, entourée de champs.
A cette époque je n’avais jamais vu la mer, située à quelques soixante dix
kilomètres de chez nous, sur la côte belge la plus proche. Je ne connaissais la
mer qu'en photo, alors que mes parents me parlaient souvent de la Côte d'Azur
et de Toulon où ils se rendaient parfois avant ma naissance, chez l’un de mes
oncles maternels, et je mourais d'envie d’y aller et voir la mer.
C'est ainsi que mon père décida un jour de m'emmener, non pas sur la
Côte d’Azur, mais en direction de la Mer du Nord proche de chez nous. Comme
il n'avait pas de voiture, il me proposa le voyage en mobylette et pour moi ce
fut un grand jour. J'étais assise sur le porte-bagages inconfortable et je
m'agrippais à mon père de toutes mes forces pour ne pas le lâcher ni tomber, je
trouvais l'expédition interminable, pressée d'arriver, alors que nous n'avions
que quelques dizaines de kilomètres à effectuer pour nous rendre à Coxyde en
Belgique. Le paysage me paraissait monotone, nous traversions des champs à
perte de vue, mais cet événement était tellement important pour moi qu'il m'a
définitivement marquée.
A l'approche de la ville, je pouvais admirer de jolis villas qui n'avaient
rien à voir avec l'architecture des maisons du Nord de la France, j'ai toujours
d'ailleurs apprécié ces jolies maisons flamandes décorées avec goût que l'on
peut admirer le long des routes de Flandre néerlandophone.
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