Page 60 - Black Beautés Magazine
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Prendre le pouvoir sur                   commençait à avoir des enfants. Moi, rien.
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                              sa décision                     conscient.  C’était  juste…  une  absence

                                                              d’envie. Mais cette absence devenait lourde
                 Peut-être que la vraie révolution ne consiste  à porter face aux regards des autres. On me
                 pas à dire oui ou non à la maternité. Mais à  faisait  sentir  que  je  passais  à  côté  de
                 reprendre  le  pouvoir  sur  sa  définition.  quelque chose. Que j’étais incomplète.
                 Accepter  que  devenir  mère  puisse  être  un  J’ai eu honte, pendant des années. Honte de
                 choix  conscient,  réfléchi,  tardif,  ou  même  ne  pas  ressentir  ce  que  ‘toutes  les  femmes
                 inexistant. Sortir de cette idée qu’il existe un  sont censées ressentir’. J’ai même essayé de
                 “bon  moment”,  une  “bonne  manière”,  une  me convaincre. Et puis un jour, j’ai arrêté de
                 “bonne trajectoire”.                         me mentir. Aujourd’hui, à 44 ans, je peux le
                                                              dire clairement : je ne veux pas d’enfant. Et
                                                              pour  la  première  fois,  je  me  sens  alignée.
                 Ce  que  l’on  observe  aujourd’hui,  c’est  une
                 génération  de  femmes  qui  refuse  de  se  Apaisée. Ce n’est pas un manque.
                 précipiter.  Qui  questionne.  Qui  prend  le  C’est ma vie.”
                 temps.  Et  surtout,  qui  ose  dire  quelque
                 chose  de  radical  :  la  maternité  ne  doit  plus
                 être un passage obligé pour valider une vie
                 de femme.
                 Dans  cette  perspective,  ne  pas  vouloir
                 d’enfant  n’est  plus  un  manque.  C’est  une
                 position.  Vouloir  en  avoir,  mais  autrement,
                 aussi.  Et  attendre,  encore  plus.  Parce  que
                 choisir,   vraiment    choisir,   implique
                 d’accepter  toutes  les  possibilités  même
                 celles qui dérangent.
                 Alors,  devenir  mère  aujourd’hui  :  choix  ou
                 pression ?


                 La réponse n’est pas universelle.            “On ne parle jamais du moment où on
                 Mais une chose est certaine :                se demande si on a été trop loin.”
                 ce qui change profondément, ce n’est pas la  Senda,  37  ans  -  4  enfants  (10  ans,  6  ans,  3
                 maternité en elle-même.                      ans, 6 mois)
                 C’est  la  manière  dont  les  femmes  décident
                 enfin d’y entrer. Ou pas.                    “J’aime  mes  enfants.  Profondément.  Ça,  il
                                                              n’y  a  aucun  doute.  Mais  est-ce  que  j’aurais
                                                              fait  les  mêmes  choix  si  j’avais  su  ?
                        Paroles de femmes                     Honnêtement… je ne sais pas.

                                                              Quatre  enfants,  c’est  une  vie  entièrement
                 Derrière  les  discours,  les  injonctions  et  les  tournée  vers  les  autres.  Il  n’y  a  plus
                 choix affichés, il y a des réalités plus intimes.  d’espace. Plus de silence. Plus de pause. On
                 Plus  complexes.  Parfois  contradictoires.  parle beaucoup de la beauté de la maternité,
                 Nous  avons  recueilli  des  témoignages  de  mais  très  peu  de  l’épuisement.  De  la
                 femmes  noires,  à  différents  moments  de  sensation d’être constamment sollicitée.
                 leur  vie,  pour  comprendre  ce  que  signifie  Parfois,  je  me  surprends  à  penser  que
                 vraiment  aujourd’hui  devenir  mère…  ou    j’aurais aimé m’arrêter à deux. Ou à trois. Et
                 choisir de ne pas l’être.                    immédiatement,  je  culpabilise.  Parce  qu’on

                                                              ne  doit  pas  dire  ça.  Parce  qu’une  mère  est
                 “J’ai  longtemps  cru  qu’il  y  avait       censée être comblée.
                 quelque chose qui clochait chez moi.”        Mais la vérité, c’est que l’amour et la fatigue
                 Khady, 44 ans                                peuvent coexister. Et ça, personne ne nous y
                                                              prépare.”
                 “À 30 ans, tout le monde autour de moi
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