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culture





                   deviendra  propriétaire  à  partir  de  1925.  La
                   villa  resta  inoccupée  pendant  10  ans,  jusqu’en
                   1946 malgré la publication de très nombreuses
                   « petites  annonces »  de  recherche  de  locataires,
                   par  l’intermédiaire  de  plusieurs  agences
                   immobilières. De 1948 à 1952 elle fut louée au
                   BIT, puis à l’ICITO (Interim Commission for the
                   International  Trade  Organization  /  Commission
                   intérimaire  de  l’Organisation  internationale  du
                   Commerce »). Finalement elle sera échangée en
                   1954 contre Le Bocage qui appartenait au Canton
                   de Genève. Par contre une partie du Chêne, le
                   port privé au bord du Lac, a été conservé et est   15 janvier 1946 par la chute d’un peuplier abattu par une forte bise.
                   devenu le « Club de la Plage » ouvert à tous les   Certains pourront y voir un funeste présage puisque trois mois plus
                   fonctionnaires  internationaux  et  à  leur  famille.   tard, le 18 avril 1946, c’est le « grand temple de la Paix », la Société des
                   Cet  échange  de  propriété  fut  judicieux  car  la   Nations, qui sera dissout. De nombreux projets de reconstruction virent
                   villa Le Chêne était éloignée du Palais car située   le jour, mais aucune réalisation ne fut entreprise par manque de moyens
                   au-delà de la voie ferrée qui définissait la limite   financiers. En 1990 une grande et belle maquette en bois, à l’échelle
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                   inférieure  du  parc  de  l’Ariana.  Il  fallait  donc   1/10  (diamètre 36 cm, hauteur 50 cm) a été réalisée par l’ébéniste de
                   sortir du parc pour se rendre du Palais au Chêne,   la SBST, José PEDROSA, qui doit probablement être entreposée dans
                   et réciproquement. Pour limiter cette difficulté,   un sous-sol du Palais. En 2018 j’ai pu faire entièrement dégager le socle
                   un  « passage  sous  voies »  fut  aménagé  en  1939,   en pierre entièrement recouvert de terre, on peut ainsi voir exactement
                   par les CFF « Chemins de Fer Fédéraux »).   où se situait son emplacement judicieusement choisi pour jouir d’une
                                                          vue panoramique sur le lac et les Alpes.
                   La FENÊTRE
                    La troisième propriété, La FENÊTRE, fut achetée   Un autre petit monument, la loge du gardien, ou du portier, située à
                   à  la  même  époque  que  Le  Chêne,  en  octobre   l’entrée de la propriété, à l’angle du chemin d’accès à la villa et de la route
                   1937. La villa est la plus ancienne des propriétés   de  Ferney a  un  aspect  très  particulier en  raison  de  sa  configuration
                   de l’ONUG, construite en 1820 pour Jean-Jacques   octogonale  très  inhabituelle  sur  le  territoire  genevois.  Ce  qui  la  fit
                   de SELLON (1782-1839), l’architecte est inconnu.   surnommée « la boîte à thé » par les habitants de Pregny, en raison
                   Tout comme les DUVAL les SELLON sont des   précisément de la forme des boîtes de thé que l’on pouvait se procurer
                   protestants français venus se réfugier à Genève   à l’époque, à Genève, en particulier dans le célèbre magasin TSCHIN-
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                   au milieu du XVI  siècle (ils étaient originaires   TA-NI, présent depuis des décennies dans la rue de Verdaine. Bien que
                   de Nîmes). J.-J. de SELLON, qui jouissait d’une   de  dimensions  extrêmement  modestes  une  famille  entière,  celle  du
                   grande  fortune,  était  à  la  fois  un  philanthrope,   gardien y a vécu.
                   un collectionneur d’art, un mécène, un pacifiste
                   convaincu et un opposant non moins convaincu   Il se pourrait que J.-J. de Sellon se soit inspiré des travaux de l’architecte
                   à  la  peine  de  mort.  Il  fit  également  construire,   Richard  Mique  (1728-1794,  guillotiné)  réalisés  pour  la  reine  Marie-
                   à  proximité  de  la  villa,  divers  petits  bâtiments   Antoinette  (1755-1793,  guillotinée),  au  Petit  Trianon  du  château  de
                   dont  un  « Temple  de  l’Amitié  et  de  la  Paix »,   Versailles.  Ces  deux  petits  bâtiments  -  des  « fabriques  de  jardins »  -
                   édifié  vers  1820,  Ce  temple  dit  « monoptère »   présentent des similitudes frappantes entre le « Temple de l’Amitié » et
                   ce qui signifie qu’il ne comportait qu’une seule   le « Temple de l’Amour » (nettement plus grand que celui de La Fenêtre,
                   rangée  de  de  colonnes,  6  en  l’occurrence.    Les   12  colonnes)  et  plus  particulièrement  la  « Loge  du  gardien/Boîte  à
                   six  colonnes  étaient  recouvertes  d’inscriptions   thé » et  le  « Belvédère »,  si  l’on  compare  ces  deux  constructions  dans
                   dont  une  serait  encore  d’une  brûlante  actualité   leur état d’origine (Lithographie de Décor , dont le titre est un peu long,
                   : “Le Droit d’asile est le plus beau fleuron d’un   mais  explicite :  « Itinéraire  des  promeneurs  à  la  Fenêtre  près  Genève
                   peuple libre”. Il fut malheureusement détruit le   appartenant au Comte de Sellon fondateur de la Société de la Paix avec
                                                          la vue des fabriques [dont la Loge du gardien] de ce jardin commencé
                                                          en 1819 » et photos des plans du Belvédère construit une quarantaine
                                                          d’années plus tôt, en 1778-1779, communiquées par l’architecte en chef
                                                          du château de Versailles.

                                                          Fondateur de la « Société de la Paix de Genève » (et non pas de la « Société
                                                          genevoise de la Paix ») en 1830, il fit ériger un petit « obélisque » en
                                                          marbre noir, en 1832, consacré à l’inviolabilité de la vie de l’homme qui
                                                          deviendra un monument funéraire à son décès en 1839, son épouse y
                                                          sera ensevelie en 1863. Ce monument sera transféré au cimetière du
                                                          Petit-Saconnex en 1907 puis au cimetière de Plainpalais, le « Panthéon
                                                          genevois » en 2006. De nombreuses personnalités rendirent visite à J.-J.


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