Page 64 - Fantasia N°1 - Décembre 2016
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VOYAGES
ZANZIBAR
ZOU, CAP AU NORD !
Filez immédiatement à l’extrême nord de l’île, à 60 km de Stone Town (Zanzibar City) : une heure en voiture, le double en « daladala », le bus local, aux seules ns d’avoir l’Océan indien pour horizon turquoise, en un lieu inouï et loin de tout tumulte, où chacun est prié de laisser ses tracas sur le perron d’un Lodge accorte.
Et il n’en manque pas, de ces Lodge archi accueillants, de part et d’autre du « mnarani » (phare, en Swahili), sur ce long cordon de plages de sable blanc, où une mer d’une extrême transparence se retire loin, et où, dès l’aube, les femmes pêchent à pied, poulpes, crustacés et divers poissons aux tons chatoyants, échoués dans des vasques rocheuses.
NOUS SOMMES À NUNGWI.
A quelques centaines de mètres, devant, une barrière de corail arrête les vagues et o re un contraste de bleus empruntés à une toile de Nicolas de Staël.
A pied (plus ou moins) sec, il faut zigzaguer sur un sol hérissé d’oursins aux longs piquants, de vrais hippies ! – nul ne les ramasse – et parsemé d’énormes étoiles de mer rouge sang et noir qui semblent issues d’une pluie céleste, ou des décors de Spiderman. L’expression un brin ridicule : « plonger dans la carte postale », vient inévitablement à l’esprit, quoiqu’on s’en défende, en ce « Finisterre » d’une île au nom mythique. Mais pour qui vit à longueur d’année à
Mayotte, il s’agit juste de feuilleter d’autres cartes postales, histoire de varier les plaisirs simples de notre vie insulaire quotidienne...
Le village de Nungwi, dont la pauvreté contraste avec le luxe des Lodge, comme dans tant d’endroits du monde, possède une curiosité, à même la plage : il s’agit d’un très artisanal chantier naval, où sont fabriqués des « dhows », ces boutres en bois et à une seule voile qui cabotent paisiblement sur ces côtes depuis des siècles.
On embarque facilement à bord de l’un d’eux pour quelques dollars, a n de faire une grande balade au-delà de la barrière de corail, escorté par des dauphins, ou de pousser jusqu’à l’île de Mnemba voisine (et privée : elle appartient à Bill Gates, ainsi qu’à la chaîne sud-africaine de Lodge luxueux &Beyond), pour plonger avec masque et palmes dans ce Parc National marin, voire de lancer une ligne à la traîne, au retour, si le vent gon e fort la voile, tout en observant les pêcheurs, de l’eau à la taille, tendre un grand let circulaire et meurtrier.

