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ceci en vue de cibler des navires de plus grande taille, donc d’ investir dans des infrastructures appropriées, notamment pour leur accostage (à la Pointe Simon et au Quai des Tou- relles). Ce projet est lancé, affirma Jean-Rémy Villageois, pour un coût d’ environ 6 millions d’ euros (pour les premiers investissements) et un travail devrait être réalisé sur les dis- positifs de réception des passagers, de traitement des bagages, de sécurité, etc. A écouter le président du direc- toire, il s’ agit là « d’ amener la ré- flexion sur l’interface ville-port ». Et de développer ce propos : « Les at- tentes des passagers des navires de croisière c’est de trouver à proximité immédiate du point de débarquement des attractions, des choses qui les in- téressent et qui complètent l’ offre existante d’ excursions. Il s’ agit d’ amener le croisiériste à rentrer en ville naturellement, de façon à ce qu’il puisse passer une bonne journée et dépenser son argent. » A écouter Jean-Rémy Villageois le potentiel de
« Amener la réflexion sur l’interface ville-port »
Fort-de-France est à cet égard « ex- ceptionnel », mais si la partie entre le Malécon et le Fort Saint-Louis est à ses yeux « très bien travaillée », l’entrée de la ville au niveau de la zone des Tourelles « nécessite des travaux plus lourds, plus consé- quents et une réflexion avancée. » Une démarche est engagée, assura le dirigeant, avec la mairie de Foyal, la Cacem, la CTM et l’Etat. « Ce projet porté depuis plusieurs années com- mence à porter ses fruits », conclut- il sur ce sujet, « avec des investissements progressifs de façon à transformer cette liaison ville-port et à créer une expérience culturelle unique. »
Enfin, concernant la filière indus- trielle de la réparation navale, Jean-Rémy Villageois rappela que le bassin de Radoub faisait 220 mè- tres de long et que c’était « l’une des seules formes de la Caraïbe sud », donc capable « d’attirer et d’accueil- lir des navires de taille raisonna-
« Tout un écosystème peut se développer. Ou péricliter. »
ble ». Et d’affirmer : « Il y a un mar- ché pour ça, des industriels sont en place, des investissements ont été consentis par le Port et ces indus- triels, et tout un écosystème peut se développer (car notamment « géné- rateur d’emplois et de nouvelles fi- lières professionnelles »). Mais comme cet écosystème est très fra- gile (« un environnement caribéen à la concurrence exacerbée »), il peut aussi péricliter. Et ça c’est notre responsabilité. » Le président du di- rectoire d’annoncer alors que les di- rigeants du Grand Port continueraient d’investir « lourde- ment » dans ce secteur, car « convaincus qu’il est appelé à se développer et à devenir profitable ». Des responsables qui ont ainsi lancé la construction d’un « village de ré- paration navale » attenant au bassin ; village dont l’objectif est de « four- nir aux professionnels du secteur un espace à proximité immédiate afin de pouvoir y travailler et d’apporter aux armateurs, et en particulier à la Marine Nationale des prestations globales et intégrées répondant à leurs attentes lors des arrêts tech- niques. » « Ce secteur est très dur, avec des hauts et des bas », reconnut aisément Jean-Rémy Villageois, « mais nous avons investi sur 20 ans, donc nos risques sont moindres que ceux des industriels. Nos inves- tissements sont plus lourds, mais sur une période plus longue. C’est l’un des points importants de notre grand projet stratégique. » Et le président du directoire de glisser que les « ef- forts » du Port « seraient totalement insuffisants s’ ils ne sont complétés par l’Etat, les collectivités et les in- dustriels, de façon à en faire une vraie réussite ». En guise de petite, mais opportune piqûre de rappel ?
Mike Irasque
ANTILLA N° 1866 - 11 Avril 2019 Page 13