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ou plus simplement le vieux mot celtique devona signifiant rivière bien moins poétique que « divine vallée ».
Les fermes actuelles ont conservé le nom des petites châtellenies du Moyen-Age. Il y eut une famille de Jupilles dont un seigneur, Raoul Ier de Jupilles participa aux croisades aux côtés de Saint Louis. Cette famille partit au XIIIème siècle au nord du Mans à Moulins-le-Carbonnel.
Presque un demi-siècle auparavant Guillaume des Roches (v1155-1222) fonda sur le fief de son manoir du Houx le prieuré du même nom.
Ce Guillaume des Roches mérite une biographie qui nous replonge dans la rivalité opposant Philippe- Auguste à Jean sans Terre.
En 1199, la mort brutale de Richard Cœur de Lion ouvre la succession pour l’héritage de l’empire Plantagenêt. Deux descendants peuvent y prétendre : Jean sans Terre, frère de Richard et dernier fils de Geoffroy le Bel dit Plantagenêt et son neveu Arthur de Bretagne, fils posthume de Geoffroy II de Bretagne, qui n’est encore qu’un enfant de 12 ans. La vieille reine Aliénor d’Aquitaine, âgée de presque 80 ans, offre la couronne à son fils Jean. Cette décision, bien acceptée par les barons anglo-normands, en Poitou et en Aquitaine, est refusée par les barons d’Anjou, du Maine et de Touraine mais Arthur n’a d’autre solution que rendre hommage à Philippe-Auguste et se mettre sous sa protection.
Guillaume des Roches fut certainement au service de Richard Cœur de Lion, bénéficiant de la faveur de ce roi puisqu’il fut choisi le second des quatre délégués chargés de négocier la paix avec Philippe- Auguste le 8 juillet 1193.
Veuf d’un premier mariage, son second mariage, vers 1190, avec Marguerite de Sablé, fille d’un Grand Maître du Temple, va faire de lui, par les possessions que lui apporte son épouse, un des plus puissants barons de l’Anjou et du Maine.
C’est à la mort de Richard qu’il prend le parti d’Arthur, le rejoignant à la tête des Bretons. En mai-juin 1199, il reçoit d’Arthur le titre de Sénéchal d’Anjou et du Maine, Mayet et la forêt de Bercé. En octobre de la même année, à la tête des troupes d’Arthur, il rejoint l’armée de Philippe-Auguste. Mais après la destruction de Ballon il reproche au souverain français d’avoir dévasté les places fortes d’Arthur alors qu’il l’avait pris sous sa protection. Dès lors, Guillaume va œuvrer au rapprochement de l’oncle et du neveu, rapprochement qui a lieu et qui permet à Guillaume de se voir conforté par Jean de son titre de Sénéchal auquel on ajoute la Touraine le 24 juin 1200.
En avril 1202, Philippe rompt la paix avec Jean. Le jeune Arthur, qui a entrepris de conquérir le Poitou, est fait prisonnier à Mirebeau. Guillaume prévient Jean qu’il le quittera s’il ne délivre pas le prisonnier. On sait ce qu’il advint d’Arthur, probablement assassiné par son oncle vers avril ou fin 1203. Guillaume se réconcilie avec Philippe-Auguste qui, le 1er novembre 1203, lui rend ses fonctions de sénéchal dont l’avait privé Jean quelques mois auparavant à la suite de leur brouille.
Désormais, Guillaume portera la bannière de Philippe-Auguste. Il forcera le roi d’Angleterre à lever le siège de sa place de la Roche-aux-Moines à Savennières le 2 juillet 1214 en abandonnant ses engins de siège, le privant ainsi de moyens d’attaque contre d’autres places fortes. Il ne participera pas à la bataille de Bouvines le 27 juillet 1214 mais il repartira à la croisade contre les Albigeois en 1218 ou 1219, les ayant déjà combattus en 1209.
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