Page 16 - MOBILITES MAGAZINE N°48
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 ÀlaUne
Une réussite malgré les embûches Exploitation/Expérience
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: Quel retour portez-vous sur l’exploitation
de vos premiers bus à hydrogène ?
Lucie Kempf : Nous sommes très satisfaits. C’était un pari quand nous l’avons lancé et nous pouvons dire que c’est une vraie réussite aujourd'hui. Les bus à hydrogène ont déjà parcouru 300 000 km, ils auraient pu en parcourir plus dans un contexte sanitaire différent. Le choix d’une motorisation hydrogène nous semblait le plus approprié par rapport à notre problématique palloise, et leur autonomie a large- ment dépassé nos attentes, avec 250 km parcourus par bus par jour en moyenne. Nous avons fait des tests et ces bus peuvent atteindre 350 km quelles que soient les condi- tions météorologiques. Ce service est plébiscité par les usagers ha- bituels, qui se sentent valorisés avec ce nouveau service, et cela permet d’attirer de nouveaux utili- sateurs. Nous avons de très bons retours des chauffeurs qui appré- cient la conduite des Fébus. Le taux de disponibilité commercial du service atteint 94 %, ce qui est un excellent chiffre et l’est encore plus en sachant qu’il s’agit de bus
prototypes de 18 m, une première mondiale. Côté exploitation, les bus à hydrogène présentent la même équivalence que des bus Diesel.
:Quelaété l’impact de la Covid-19 ?
LK : L’exploitation a dû être stoppée pendant le premier confinement car la station de ravitaillement a dû fermer, faute de personnel qui a été déployé sur des sites priori- taires, notamment hospitaliers. Le projet hydrogène étant européen, plusieurs partenaires de différents pays ont été impliqués, comme l’autrichien Linde pour le système de compression par exemple, et chaque pays a mis en place son propre calendrier de restriction et de quarantaine, ce qui fait que le redémarrage de la station a été plus long que prévu. De même, il peut s’avérer complexe de faire venir des spécialistes en cas de pannes, car le fonctionnement de la station fait appel à de nombreux sous-traitants et les ressources hu- maines peuvent être rares. Cette situation particulière nous a ce- pendant permis de valider les modes dégradés qui avaient été
prévus initialement sur papier. La station produit de d’hydrogène vert à partir d’énergie hydro-électrique. Depuis le début de son fonctionne- ment en décembre 2019, 16 tonnes ont été produites. La station délivre actuellement 120 kg par jour utilisés exclusivement pour le moment pour les besoins de la ligne Fébus. Lorsque la station a été fermée à cause de la pandémie, nous avons utilisé 4 tonnes d’hydrogène gris apporté par tube trailer.
: Avez-vous rencontré des problèmes sur vos bus de 18 mètres, encore
à l’état de prototype ?
LK : Nous avons eu quelques diffi- cultés mais qui n’ont pas impacté le fonctionnement du réseau et n’ont pas été liées directement à la technologie hydrogène. Il s’agit plutôt de pannes classiques sur des rampes d’accès PMR ou des portes, ou bien des calages avec la pile à combustible développée par Ballard, dont les équipes se montrent très réactives.
Sur nos 8 véhicules, 6 sont en ex- ploitation et 2 sont placées en ré- serve pour la maintenance ou de la suppléance. Au 15 mars 2021,
Pau est la deuxième agglomération française à tester la propulsion hydrogène
à une échelle significative, et la première
à exploiter des bus Van Hool de 18 mètres équipés de cette technologie. Entretien avec Lucie Kempf, chef de projet investissement Transport Collectif à la Communauté d’agglomération Pau Béarn Pyrénées.
 16 - MOBILITÉS MAGAZINE 48 - MAI 2021
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