Page 31 - EXTRAIT ANACALYPSE
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il trouvait que je n’avançais pas assez vite. Il m’a poussée en avant, j’ai
trébuché, et il m’a giflée au moment où je tombais. Il avait peur, mais il
avait aussi envie et était pressé de passer à l’acte... J’étais furieuse, nous
nous sommes disputés, des voisins sont sortis pour voir ce qui se passait,
et il est parti. Il est revenu le lendemain. Il a prétendu que j’avais mal
compris son geste et qu’il voulait seulement m’aider mais s’y était mal
pris. À coups de fleurs, de serments et de mots doux, il m’a convaincue,
j’ai accepté de renouer, en me disant que j’étais sans doute fatiguée et
que j’avais mal compris, effectivement, ses intentions. Ou que c’était un
effet de l’anacalypse, qu’il avait dû mal doser. Il ne s’était jamais montré
violent. Puis ça a recommencé, d’abord à chaque secousse sismique, puis
plus souvent, après des journées difficiles au travail.
(…)
Hier soir, juste après le séisme, je lui ai annoncé entre deux coups que
je le quittais. Il m’a menacée : « Je te tuerai ! Et je tuerai le connard qui
t’aura eue après moi ! » puis il s’est répandu en larmes : « Je n’ai que toi,
tu ne peux pas me laisser ! ».
J’ai passé l’âge des mélodrames. Mais je ne peux pas accepter qu’il
reste impuni. Drogué ou pas, ce qu’il me fait subir est intolérable. (…) »
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