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                L’atelier des femmes africaines qui s’est tenu dans le cadre de la 12 ème
             édition du FESPACO à Ouagadougou du 25 au 27 février 1991 a rassemblé
             une diversité de professionnelles africaines du cinéma, de la télévision et
             de la vidéo.
                Elles venaient de divers pays africains et encadraient la diaspora noire :
             Kenya, Tanzanie, Zimbabwe, Ghana, Afrique du Sud, Nigeria, Bénin, Tu-
             nisie, Cameroun, Niger, Côte d’Ivoire, Mali, Rwanda, Congo, Maroc, Tchad
             et du Burkina Faso.
                Ces femmes remplissent les fonctions de monteuses, de caméramans,
             de réalisatrices et de productrices de programmes télévisuels, de vidéastes,
             de cinéastes, de distributrices, de coproductrices de télévision, de produc-
             trices et d’actrices. Mais, même après 50 ans de production cinématogra-
             phique et 25 ans  de  production  télévisuelle, bien qu’elles  remplissent
             diverses fonctions dans le cinéma et la télévision, l’analyse de la situation
             des femmes africaines au cours de cet atelier a mis en évidence leur nombre
             insignifiant dans les métiers de l’audiovisuel et leur difficulté d’accès à la
             formation et aux fonds.
                Il ressort des témoignages présentés ces trois derniers jours, que même
             lorsqu’une femme souhaite travailler dans les métiers du cinéma et de la
             télévision, on lui conseille souvent de s’en tenir à ces derniers parce qu’ils
             lui conviennent mieux et qu’ils requièrent un souci du détil que l’on consi-
             dère comme faisant spécifiquement partie du caractère des femmes.
                Ainsi, un demi-siècle après les débuts du cinéma africain, un quart de
             siècle après ceux de la télévision, la position des femmes aux différents
             postes de la production cinématographique et télévisuelle est loin d’être sa-
             tisfaisante ! Loin d’être à la hauteur du défi du troisième millénaire.
                  Et si cette situation perdure, la croissance de l’industrie cinématogra-
              phique et télévisuelle, même son développement, pourraient être entravés.
                 En effet, si les images produites par les femmes africaines ne donnent
              pas une autre vision de la réalité des femmes africaines, le risque est grand
              que les femmes elles-mêmes, parce qu’elles sont les principales éducatrices
              des enfants, les citoyens de demain, ne soient pas en mesure de montrer une
             autre vision du monde.
                Cinquante ans après le début du cinéma et 25 ans après celui de la télé-
             vision, les inégalités et les obstacles persistent.
                En 1991, près de dix ans avant l’an 2000, les femmes africaines sont
             toujours victimes de pressions sur leur lieu de travail, et exploitées en tant
             que femmes et en tant que professionnelles.
                En 1991, près de dix ans avant le troisième millénaire, parce qu’elles
             sont privées de leurs droits de citoyenneté, leur accès aux métiers du cinéma
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