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tant quelque trente mille titres et un million de documents, selon les esti-
mations, sont menacés. Les archives de grands réalisateurs comme Glauber
Rocha, Carlos Reichenbach et Ana Carolina, de sociétés cinématogra-
phiques comme Atlântida et Vera Cruz, de l’agence d’État Embrafilme et
du fondateur du CB, Paulo Emílio Salles Gomes, figurent parmi les nom-
breuses archives conservées. L’importante collection d’actualités de la CB
comprend les bulletins d’information de TV Tupi, le premier réseau de té-
lévision du pays, créé en 1950. Ses efforts de conservation et ses installa-
tions de préservation sont réputés dans le monde entier, les capacités
numériques permettant à elles seules le transfert de 8 mm, 9,5 mm, 16 mm
et 35 mm en HD, 2K, 4K et 6K. Les documents numérisés comprennent 6
322 films, 3 834 affiches de films brésiliens et internationaux, 53 381 photos
de production et 24 354 autres éléments allant des scripts des actualités de
TV Tupi (1950-1980) à tous les numéros de la prestigieuse revue Filme
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Cultura, publiée pour la première fois en 1966
Occupant une superficie de plus de 250 000 pieds carrés, le siège de la
CB dispose de deux salles de cinéma, d’un café, d’une bibliothèque de re-
cherche, de quatre salles climatisées, deux pour les films en couleur et deux
pour les films en noir et blanc, de quatre salles dans une zone séparée pour
les films en nitrate, chacune ayant une capacité de mille bobines, ainsi que
de bureaux et d’espaces d’exposition. Des zones séparées contiennent les
films détériorés, les copies de films pour l’exposition et les vastes collec-
tions vidéo et numériques.
Il y a aussi des laboratoires avec des équipements pour la conservation
et la préservation. Une grande installation de projection en plein air, avec
un écran de quarante-trois pieds sur dix-huit, offre des projections en 35
mm et en numérique. Tout cela et bien plus encore a été pris et enfermé par
un gouvernement splénétique, sans aucun signe de libération malgré les
protestations, les manifestes de festivals de cinéma, les éditoriaux, les lettres
et les pétitions de communautés cinématographiques pleines d’espoir mais
de plus en plus inquiètes, au Brésil et à l’étranger. Le public brésilien et le
monde entier ont été privés des fonds et du travail extraordinaire de cette
institution renommée, qui est prise en otage pour des raisons politiques spé-
cieuses.
Une histoire très concise de la Cinemateca Brasileira
L’histoire de la CB est un enchevêtrement d’organisations privées chan-
geantes, de ministères, de perturbations politiques et d’accidents désastreux .
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La plupart des spécialistes qui écrivent sur la CB considèrent qu’elle a vu

