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Darlene J. Sadlier / Cinemateca Brasileira                   665

          de matériel audiovisuel s‘est poursuivie. Des accords de stockage hors site
         pour les archives ont été conclus alors que le bureau de la CB à Ibirapuera
         se concentrait sur l’administration, le catalogage et la préservation. En 1980,
         un nouveau centre d’opérations cinématographiques pour la documentation
         et la recherche a ouvert ses portes dans des bâtiments restaurés du parc de
         Conceição, cédé par la municipalité. Mais à peine deux ans plus tard, un
         autre incendie provoqué par des films en nitrate se déclare dans un bâtiment
         de stockage d’Ibirapuera. En 1984, alors qu’une crise économique menace
         le pays, la CB renonce à son statut privé et s’intègre à la Fondation nationale
         pro-mémoire du ministère de l’Éducation et de la Culture, avec des garan-
         ties d’autonomie administrative et de gestion.

            Lorsque le pays est passé d’une dictature de vingt ans à la démocratie,
         les ministères et leur supervision ont changé. En 1985, la fondation et la
         CB ont été rattachées au Ministère de la culture après la séparation de l’édu-
         cation en un Ministère distinct par José Sarney, le premier président civil
         après la dictature. L’année 1988 a été une année faste pour le pays et la CB.
         Une nouvelle constitution « citoyenne », créée de toutes pièces avec la par-
         ticipation populaire, est célébrée dans tout le pays. À São Paulo, le maire
         sortant, Jânio Quadros, cède à la CB les bâtiments et les terrains occupés
         à l’origine par l’abattoir municipal dans le quartier Vila Clementino, à côté
         de Vila Mariana.
            Construit à la fin du XIXe siècle, l’abattoir contribuait à nourrir la po-
         pulation en forte croissance de la ville, dont les nombreux immigrants, at-
         tirés par les opportunités d’emploi, construisaient des maisons sur les terres
         agricoles qui l’entouraient. En 1927, alors que les deux arrondissements
         grandissaient et prospéraient, l’abattoir a fermé et ses installations ont été
         utilisées comme entrepôts. À partir de 1988, les bâtiments en briques rouges
         restants, avec leurs magnifiques portes cintrées, ont été préservés et restau-
         rés sur une période de dix-neuf ans, pour devenir l’une des plus grandes ci-
         némathèques du monde et un centre de premier plan pour la préservation
         de l’audiovisuel.
            Entre 1984 et 2003, l’institution a bénéficié de ce que l’on pourrait ap-
         peler un statut protégé dans le cadre de fondations et d’instituts destinés à
         préserver l’héritage ou le patrimoine de la nation. Cette protection était im-
         portante pendant la présidence conservatrice de Fernando Collor de Mello
         (1990-1992), qui a remplacé le Ministère de la culture en 1990 par un se-
         crétariat de la culture lié à son bureau, et qui a supprimé l’agence fédérale
         Embrafilme, créée en 1969 pour la production, le financement et la distri-
         bution du cinéma brésilien. Collor a également abrogé la loi Sarney de
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