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était un foyer d’activisme de gauche en raison de sa programmation. (En
décembre, le gouvernement n’a pas renouvelé le contrat de l’ACERP, la
pandémie a rapidement refait surface, la CB a interrompu les projections
de films et les expositions, et comme d’autres institutions culturelles, elle
a fermé ses portes au public en mars .
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SOS Cinemateca Brasileira et ses Manifestes
Mais la CB n’était pas une institution comme les autres. En mars 2020,
il n’y avait plus de fonds pour les spécialistes et le personnel, pour les ser-
vices de sécurité et de protection contre les incendies, ni même pour les ser-
vices publics. Heureusement, l‘électricité, indispensable aux zones à
température contrôlée pour les films et autres matériaux vulnérables, n’a
pas été coupée, même si la facture s’est alourdie. En mai, d’éminents spé-
cialistes et professionnels du cinéma qui avaient été associés à la CB au fil
des ans, parmi lesquels Carlos Augusto Calil, Ismail Xavier, Cacá
Diegues et Eduardo Morettin, ont rédigé une lettre ouverte-manifeste in-
titulée « La Cinémathèque brésilienne demande de l’aide » pour faire face
à la détérioration rapide de la situation . Près de vingt mille sympathisants
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locaux et internationaux ont signé pour exprimer leur inquiétude et se rallier
à la défense de la CB. Le même mois, l’ACERP a intenté une action en jus-
tice contre le gouvernement afin d’obtenir 11 millions de reais (2 millions
de dollars américains) pour les dépenses de la BC de 2019 à 2020.
L’ACERP a conservé le contrôle malgré la décision du gouvernement de
ne pas renouveler son contrat. L’organisation a conservé les clés de l’OC et
a refusé de les remettre jusqu‘à ce que le gouvernement mette officiellement
fin à l’accord contractuel.
Le 4 juin, le personnel non rémunéré de la CB a lancé un site de crowd-
funding pour une aide d’urgence, qui a permis de collecter 125 000 R$ (en-
viron 23 000 $ US) en trente jours. Le même jour, et alors que les protocoles
de pandémie étaient en place, 150 personnes du mouvement émergent SOS
Cinemateca Brasileira se sont rassemblées pour protester devant l’institu-
tion. Le « Manifeste Cinemateca Brasileira : Patrimoine de la société » a
été lu et des copies ont été distribuées aux personnes présentes. Trente-neuf
entités, dont des associations nationales de critiques de cinéma, de réalisa-
teurs, de directeurs de la photographie et de scénaristes, ainsi que des syn-
dicats audiovisuels d’État, figuraient parmi les signataires brésiliens. La
FIAF, qui représente plus de 150 cinémathèques dans le monde, figurait
parmi les plus de trente entités internationales signataires .
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