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             Une déclaration forte, qui pose avec force ce que les circonstances actuelles
             et les événements passés laissent présager pour l’avenir de la CB :
                Le pays qui assiste, impuissant à l’incendie de la faune et de la flore du Pantanal
                et de l’Amazonie, tolérera-t-il l’extinction des images qui constituent notre iden-
                tité en tant que nation? Acceptera-t-il l’apparition d’une nouvelle honte qui
                s’ajouterait à la longue liste des honteux nationaux, parmi lesquels l’incendie
                calamiteux et annoncé du Musée national  ?
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                Le manifeste critique de manière cinglante les services de base rétablis
             par le gouvernement, tels que le nettoyage, la maintenance et la protection
             contre les incendies, dont les employés, selon le manifeste, manquent tota-
             lement de l’expertise nécessaire pour assurer la sécurité de l’institution.
                Le 5 octobre, quelques jours après la lecture du Manifeste de Gramado
             par Gervitz, le Programme Mémoire du Monde de l’UNESCO pour l’Amé-
             rique latine et les Caraïbes (MOWLAC) a publié une alerte sur l’importance
             de la préservation des films et la nécessité de ramener la CB à sa mission
             première de conservation de la mémoire audiovisuelle de la nation. La dé-
             claration cite en exemple Limite (1930) de Mário Peixoto, le classique
             muet brésilien conservé par la CB, qui figure sur le registre de la Mémoire
             du monde  . Un jour plus tard, le Conseil de coordination des archives au-
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             diovisuelles (CCAAA) a publié une déclaration en faveur d’une résolution
             prévoyant un financement immédiat pour permettre à la CB de mener à bien
             sa mission « avant qu’il ne soit trop tard  ». Le CCAAA, qui chapeaute
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             neuf organisations professionnelles d’archives dans le monde, dont la FIAF,
             a attiré l’attention dans sa déclaration sur les conséquences catastrophiques
             des incendies et inondations passés résultant du manque endémique de res-
             sources de la CB.
                La mobilisation au début du mois d’octobre s’est étendue à un forum en
             ligne parrainé par l’École de communication et d’arts (ECA) de l’Univer-
             sidade de São Paulo. Gervitz, Eduardo, Morettin (ECA) et Débora Bu-
             truce, présidente de  l’Association brésilienne  pour  la  préservation de
             l’audiovisuel (ABPA), y ont discuté de l’impact des pertes de financement
             et de personnel sur les activités de préservation, de production et de re-
             cherche de la CB  . Ce débat a coïncidé avec la publication d’un manifeste
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             signé par vingt et un réalisateurs brésiliens dans le cadre du festival inter-
             national du film documentaire It’s All True, qui en est à sa vingt-cinquième
             saison. Dans ce manifeste, des attaques spéciales ont été lancées contre le
             « faible niveau culturel et intellectuel » du gouvernement, illustré par la
             substitution de la SEC, au ministère du Tourisme, au ministère de la Culture,
             qui avait été éradiqué. Le manifeste exhorte les cinéastes à ne pas se laisser
             intimider par l‘administration Bolsonaro et à « trouver de nouvelles formes
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