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             du Conseil d’administration de la Cinemateca et récent signataire d’une pé-
             tition internationale de soutien à l’institution) nous semble particulièrement
             opportun  ».
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                La clôture du festival a également coïncidé avec la parution d’un article
             de Salles dans le Folha de S. Paulo, qui a régulièrement rendu compte de
             la crise de la CB et des nombreux efforts déployés pour assurer sa réouver-
             ture. L’article intitulé « Threat to the Cinemateca Brasileira Touches Even
             Director Martin Scorsese » porte à la connaissance du public, non seule-
             ment l’inquiétude du réalisateur de renommée mondiale et président de la
             Fondation du cinéma, mais aussi ce que les Brésiliens risquent de perdre  26
             Salles est  très  doué pour  sensibiliser  le public à l’énormité de  la mé-
             moire audiovisuelle en jeu, ainsi qu’à des moments spécifiques de fierté
             nationale qui pourraient ne jamais être revus. « Les premiers registres des
             paysages physiques et humains du Brésil de 1899. Les documentaires qui
             montrent pour la première fois l’Amazonie, le Nordeste, le Sud du pays.
             L’expédition  du  maréchal  Rondon  de  1924  à  1932  [dans  le  bassin  de
             l’Amazone]. L’histoire de notre football filmée par la chaîne 100. Les drib-
             bles de Garrincha. Les buts de Pelé. Les visages des supporters à Maca-
             ranã ». A ces mots, il ajoute ceux de Scorsese :
                Les arts ne sont pas un luxe, ils sont une nécessité, comme le démontre leur
                rôle incontestable dans l’histoire de l’humanité. Et la préservation des arts, sur-
                tout d’un art aussi fragile que le cinéma, est une tâche difficile mais essentielle.
                Ce n’est pas mon opinion. C’est un fait. J’espère sincèrement que les autorités
                fédérales brésiliennes abandonneront toute idée de retirer leur soutien financier
                et feront le nécessaire pour protéger les archives et l’équipe dévouée de la Ci-
                némathèque.

             Salles termine son article par un appel direct au gouvernement :
                Le Secrétariat Spécial de la Culture promet un décret pour la sélection de la
                prochaine direction de la Cinémathèque. Qu’il choisisse une institution ayant
                la légitimité et les connaissances nécessaires pour la ramener à la position de
                premier plan qu’elle a occupée. Le temps presse. Si quelque chose devait arri-
                ver à ses archives, ce serait comme perdre notre bibliothèque d’Alexandrie.
             À son plaidoyer pour que le passé d’une nation survive et s’épanouisse
             dans l’avenir, on ne peut qu’ajouter : Amen.
                Darlene Sadlier est professeur émérite au département d’espagnol et de por-
                tugais de l’université d’Indiana, à Bloomington, où elle a donné des cours sur
                le cinéma brésilien et latino-américain. Mme Sadlier a publié de nombreux
                ouvrages, dont Brazil Imagined et The Portuguese Diaspora : Seven Centuries
                of Literature and the Arts.
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