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             Le mot abraçaço (grande étreinte) a été projeté sur la façade tandis que les
             manifestants se sont tendus les bras pour former un cercle autour du bâti-
             ment. Parmi les nombreuses personnes qui ont pris la parole au nom de la
             CB ce jour-là figurent les réalisateurs Roberto Gervitz, Joel Pizzini, Mar-
             celo Machado et Tata Amaral, le distributeur Adhemar Oliveira et l’édi-
             trice  Cristina  Amaral.  De grandes bannières SOS,  des  affiches  et  des
             images projetées, appelant au soutien public de la CB et de la grève du per-
             sonnel étaient placées stratégiquement dans la ville.

                Les tensions entre l’ACERP et le gouvernement ont augmenté. Le 8 juil-
             let, le nouveau directeur de la SEC, Mário Frias, a envoyé une lettre à
             l’ACERP exigeant la remise des clés de la CB, ce que l’OS a refusé de faire
             jusqu’à ce que ses services soient officiellement arrêtés. Peu après, une ten-
             tative de représentants du ministère du tourisme d’entrer dans la CB a été
             bloquée par le personnel de l’ACERP sur place. Un rapport de police a été
             déposé pour dénoncer le fait que les représentants du gouvernement étaient
             empêchés d’exercer leurs fonctions. Fin juillet, le bureau du procureur de
             district de São Paulo a intenté une action en justice auprès du procureur gé-
             néral pour demander que des mesures soient prises afin de protéger la CB
             en établissant un nouveau contrat avec l’ACERP. Cette demande a été re-
             jetée le 3 août par le ministère fédéral de la Justice, qui a déclaré que les
             décisions relatives à la gestion administrative d’une institution étaient du
             ressort de l’exécutif. Quatre jours plus tard, le 7 août, l’ACERP a remis les
             clés et licencié le personnel restant, mettant fin à ses obligations contrac-
             tuelles.
                Bien que les lignes de communication semblent ouvertes entre la SEC
             et le SAC, qui est bien préparé à combler le vide de la gestion, aucun signe
             d’un quelconque accord, même temporaire, ne se profile à l’horizon. Le 27
             octobre, Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, plus de deux cents
             personnes de diverses associations et groupes de soutien se sont solennel-
             lement rassemblées devant la CB pour protester contre son trois centième
             jour sous les verrous fédéraux.

             Le jeu de l’attente.

                Les journaux, les émissions de télévision et les podcasts, ainsi que les
             webinaires et les petits forums sur les médias sociaux tels que YouTube et
             Facebook, continuent de faire parler de la crise. Des discussions en ligne
             en direct auxquelles participent des universitaires, des réalisateurs, d’an-
             ciens membres du conseil de la CB et des représentants de la SAC font le
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