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  quadrangulaire, entourée de 2 ou 3 « étages » de 6 à 8 feuilles vertes et lancéolées. Ses petites fleurs blanches forment un tube à la base qui s’évase pour se séparer en 4 pétales. Après la floraison apparaissent de petites boules poilues : ce sont les fruits.
Parmi les principes actifs contenus dans l’aspérule odorante, on trouve de la coumarine aux propriétés antispasmodiques avérées et de l’aspéruloside, laxative. En fait, la coumarine, qui est aussi légèrement hypno- tique et anticoagulante, se développe au moment de la dessiccation (quand la plante sèche). C’est elle qui donne cette délicate odeur à l’aspérule et qui lui vaut son surnom d’« odorante ». Parmi les autres propriétés, l’aspérule est diurétique et tonique.
Calmante, tranquillisante, on peut l’utiliser en cas de douleurs chroniques, d’hyperactivité ou, tout simple- ment, de nervosité. Ainsi, on n’hésitera pas à en don- ner aux enfants qui apprécieront son goût. Son action sédative réglera bien des problèmes d’insomnies, de palpitations, de maux de tête chroniques, de pro- blèmes gastriques, hépatiques ou respiratoires. Vous la choisirez également pour ses propriétés diurétiques et antiseptiques, surtout si vous souffrez de troubles urinaires. Elle est aussi utilisée pour les problèmes de circulation : si vous souffrez de jambes lourdes, le sou- lagement sera rapide. Mais attention à ne pas en abuser, car l’aspérule a une action anticoagulante. D’ailleurs, la coumarine contenue dans la plante est devenue la base de nombreuses spécialités pharmaceutiques pour lutter contre les phlébites. On déconseille donc la plante aux femmes enceintes et aux personnes qui prennent déjà des médicaments contre les troubles circulatoires.
La plante entière séchée peut être utilisée, mais les som- mités fleuries sont préférables.
• En infusion : 1 cuillerée à soupe de plante pour 1⁄4 de
litre d’eau qu’on retire du feu avant ébullition. Laissez
infuser 5 minutes. Buvez 1 à 3 tasses par jour.
• En macération dans du lait, après filtrage, l’aspé- rule donne une délicate odeur à toutes les pâtisseries
(crêpes, flans...) ou boissons.
• En externe, l’infusion d’aspérule adoucit et cicatrise
les blessures, dégonfle les jambes enflées. En associa- tion avec du plantain ou du bleuet, l’aspérule donne une infusion adoucissante pour les yeux (cernes, conjonctivite, fatigue oculaire...).
• Dans les armoires, moins odorante que la lavande, mais tout aussi efficace, elle chasse les mites et par- fume le linge.
• Entre le matelas et le sommier, des poignées de fleurs séchées sont réputées faciliter le sommeil. Ce « truc » vient de Hollande, où l’on avait coutume de fourrer les « paillasses » avec du foin mélangé à de l’aspérule.
Aubépine | Crataegus oxyacantha
C’est en avril-mai que fleurit ce buisson tout de blanc vêtu. Profitez de la saison pour faire votre récolte : vous aurez pour toute l’année de quoi vous préparer une bonne tisane apaisante.
En 1897, le docteur Leclerc avait été intrigué par un texte anonyme du XVIIe siècle faisant référence aux ver- tus apaisantes et cardiotoniques de l’aubépine. Et, pen- dant 30 ans, il expérimenta l’aubépine. Il affirmait que « sa propriété capitale est de tonifier le cœur et d’exercer en même temps sur les vaisseaux une action régulatrice par l’équilibre qu’elle établit entre la pression sanguine et la force de l’impulsion cardiaque ». Sédative, l’aubépine régularise les mouvements du cœur (d’où son efficacité incontestable sur les palpitations).
En Allemagne, l’aubépine est recommandée dans l’insuffisance cardiaque légère (formes peu graves de l’insuffisance coronarienne). En France, officiellement, elle est « traditionnellement utilisée dans les troubles de l’éréthisme cardiaque de l’adulte (cœur sain) et dans le traitement symptomatique des états neurotoniques des adultes et des enfants, notamment en cas de troubles mineurs du sommeil ». En réalité, sous forme d’infu- sion, elle est avant tout employée en cas de palpitations, d’anxiété, d’insomnie et d’hypertension. Les fruits, quant à eux, sont indiqués en cas de maux de gorge et d’angine, même s’ils sont beaucoup moins couramment utilisés.
• En infusion, contre les palpitations, l’insomnie, l’an- xiété... : faites infuser 1 cuillerée à soupe de pétales dans 1 tasse d’eau bouillante pendant 10 à 15 minutes puis filtrez. Buvez 2 à 3 tasses par jour. L’absence de toxicité de la plante permet d’en prendre sans risque pendant plusieurs mois.
• En décoction, contre maux de gorge et angine : concassez 50 g de fruits séchés et faites-les bouillir pendant 1⁄4 d’heure dans 1 litre d’eau. Filtrez, ajoutez 1 cuillerée à soupe de miel et faites des gargarismes plusieurs fois par jour.
• Teinture-mère (en pharmacie) : 10 à 20 gouttes dans 1 verre d’eau avant les repas, 3 semaines par mois,
 16 │ Rebelle-Santé Hors-Série n° 23
 













































































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