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en cas de bronchite, pharyngite et trachéite.
Des études menées au cours des dernières décennies montrent que la décoction de fleurs de bouillon-blanc inhibe la propagation du virus grippal. On sait également qu’elle a une action antiseptique et qu’elle lutte contre l’in- flammation des muqueuses. En plus, elle calme la toux et favorise l’expectoration : c’est le remède spécifique des trachéites et des bronchites.
• Vous pouvez l’utiliser en tisane à raison de 1 poignée
de fleurs par litre d’eau. Faites infuser 10 minutes et filtrez avec un linge fin pour retenir tous les poils du calice ou des étamines. Buvez 3 tasses par jour, de préférence loin des repas. On le trouve également en sachets-doses, associé avec mauve, guimauve, coque- licot, tussilage, pied-de-chat, souci, serpolet, lierre terrestre, réglisse, mélisse, reine-des-prés ou chien- dent.
Bouleau blanc | Betula alba
Au XIIe siècle, Sainte-Hildegarde notait déjà l’action ci- catrisante des fleurs de bouleau. Les recherches scienti- fiques successives ont confirmé que chaque élément du bouleau (feuilles, écorce, bourgeons, sève) possède des vertus thérapeutiques. Certains savons à base de gou- dron de bouleau ou d’huile essentielle de gaulthérie sont recommandés pour toutes les affections cutanées, ainsi que pour les plaies et les abcès.
• Les feuilles : récoltées de juin à septembre, elles sont un puissant diurétique qui n’irrite pas les reins. Elles sont dépuratives et sudorifiques. Elles aident aussi à lutter contre la goutte, les rhumatismes et les inflam- mations de la vessie. On les prend en infusion à rai- son de 3 à 4 tasses par jour.
• La sève : recueillie au printemps en la prélevant di- rectement sur l’arbre, c’est un excellent fortifiant. Elle est aussi efficace contre les infections urinaires, les coliques néphrétiques. En usage externe, la sève entre dans la composition de lotions capillaires. Dans votre cuisine, si vous en ajoutez à la pâte à pain, elle en accélérera la levée. Dans votre arrosoir, elle activera la germination des plantes. Et dans la bouteille d’eau sur votre bureau... elle vous donnera la forme jusqu’à
la fin de la journée. L’eau que vous buvez peut, grâce à la sève de bouleau, aller chercher au plus profond de vos cellules les toxines qui s’y sont sournoisement accumulées. On trouve ce produit naturel en maga- sins de diététique.
• L’écorce : c’est un fébrifuge, un dépuratif et un diges- tif que l’on consomme en décoction (1 cuillerée à café par tasse, laissez bouillir 5 minutes). En usage externe, la décoction d’écorce soigne les plaies et les dermatoses.
• Les bourgeons : réputés pour combattre l’engorge- ment des ganglions lymphatiques, ils se prennent en décoction (laissez bouillir 100 g de bourgeons 10 mi- nutes en ajoutant 1 g de bicarbonate de soude pour 1 litre d’eau).
Bourdaine | Rhamnus frangula
La bourdaine, appelée aussi bois noir, nerprun noir ou bourgène, apprécie les sous-bois humides, les lisières de forêts, les environs des marécages. Formant des buissons qui dépassent rarement 4 mètres de haut, elle pousse partout en Europe et en Amérique, sauf dans les zones méditerranéennes, trop chaudes ou montagneuses. Ses feuilles ovales, à peine lancéolées, sont marquées par des nervures profondes et parallèles. Les petites fleurs sont blanc-verdâtre. Les fruits, de la taille d’un petit pois, sont d’abord rouges, puis noirs à maturité.
On utilise l’écorce ou, plus exactement l’aubier, la seconde écorce, fine peau qui se trouve entre le bois et l’écorce, prélevée sur des rameaux de 2 à 4 ans, pour ses effets laxa- tifs. Elle doit impérativement être séchée pour ne plus être toxique. Elle est considérée comme peu irritante, à condition de ne pas en abuser. Pour adoucir encore son action, elle est souvent mélangée aux pétales de mauve, de rose trémière ou de guimauve.
Outre les intestins, le pancréas, le foie, la bile et la rate sont stimulés par la bourdaine. On la conseille en cas d’insuf- fisance hépatique ou biliaire, de parasites intestinaux et même d’hémorroïdes. De nombreuses tisanes amin- cissantes contiennent de la bourdaine. La plante serait aussi efficace contre l’aspergillose, maladie causée par le développement d’un champignon (Aspergillus fumigatus)
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