Page 57 - LES FLEURS DE MA MEMOIRE BIS
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LA PROCESSION
Avec un père communiste, et une maman catholique non
pratiquante, je ne risquais pas de me retrouver aux cours de
catéchisme comme la plupart des enfants de la ville, avec mes voisins
très pratiquants. Maman nous avait d’ailleurs baptisés en cachette,
probablement pour ne pas contrarier mon père, mais avait quand
même fait son devoir de culte envers ses enfants.
Comme nous habitions un bistrot de quartier, les ragots
« allaient bon train », et afin de ne pas en ternir l’image, nos parents
avaient décidé de nous faire participer ma sœur et moi à la
procession qui se déroulait chaque année à la Pentecôte.
Nous étions toutes les deux, habillées d’une robe blanche et de
gants blancs en dentelle, agrémentées d’une couronne de fleurs sur la
tête. Nous avions également une paire d’ailes en plumes blanches
attachées dans le dos, assez inconfortables. Il fallait éparpiller des
pétales de roses le long du chemin de la procession. Nous pouvions
supporter tout cela, histoire de faire plaisir à nos parents, mais
lorsque nous en étions arrivées aux prières et aux chants religieux,
trônant en évidence sur un podium, sur la Vieille Place du quartier,
nous étions totalement dépassées, vu nos lacunes en matière de
catéchisme.
Cet événement ne se renouvela pas, pour notre plus grand plaisir
d’enfants «incultes » en la matière.
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