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LA PROCESSION





                   Avec un père communiste, et une maman catholique non

              pratiquante, je ne risquais pas de me retrouver aux cours de

              catéchisme comme la plupart des enfants de la ville, avec mes voisins

              très pratiquants. Maman nous avait d’ailleurs baptisés en cachette,

              probablement pour ne pas contrarier mon père, mais avait quand
              même fait son devoir de culte envers ses enfants.



                   Comme nous habitions un bistrot de quartier, les ragots

              « allaient bon train », et afin de ne pas en ternir l’image, nos parents

              avaient décidé de nous faire participer ma sœur et moi à la
              procession qui se déroulait chaque année à la Pentecôte.



                   Nous étions toutes les deux, habillées d’une robe blanche et de

              gants blancs en dentelle, agrémentées d’une couronne de fleurs sur la

              tête. Nous avions également une paire d’ailes en plumes blanches
              attachées dans le dos, assez inconfortables. Il fallait éparpiller des

              pétales de roses le long du chemin de la procession. Nous pouvions

              supporter tout cela, histoire de faire plaisir à nos parents, mais

              lorsque nous en étions arrivées aux prières et aux chants religieux,

              trônant en évidence sur un podium, sur la Vieille Place du quartier,
              nous étions totalement dépassées, vu nos lacunes en matière de

              catéchisme.



                   Cet événement ne se renouvela pas, pour notre plus grand plaisir

              d’enfants «incultes » en la matière.






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