Page 35 - LES FLEURS DE MA MEMOIRE ET SES JOURS INTRANQUILLES_Neat
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LES REPRÉSAILLES





                   Le litige qui nous opposait au gamin voisin poussé dans les orties, était une
              affaire classée et les parents respectifs ne s’attendaient absolument pas à des

              représailles.

                      Insouciante, j’avais totalement oublié cette histoire et me rendais au

              cours préparatoire, de l’école primaire située au bout de la rue, sans le moindre
              souci. Mon frère fréquentait l’école voisine, puisque la mixité scolaire n’existait

              pas encore. J’attendais donc chaque jour, mon frère à la sortie de l’école, pour
              rentrer ensemble à la maison. J’étais toujours aussi timide et effacée, et me

              tenais toujours en retrait de mon frère, qui vaquait à ses occupations avec
              quelques camarades de classe, sur le chemin du retour.


                      Soudain les deux garnements voisins nous rattrapèrent afin de
              s’approcher de mon frère, histoire de le taquiner et se moquer à nouveau de lui.

              Je suivais la scène et l’observais avec attention, pendant que les camarades de
              mon frère en profitaient pour s’esquiver. Je savais bien évidemment que mon

              frère allait réagir, bien que nos parents avaient dû le réprimander et le mettre
              en garde pour qu’il se tienne désormais tranquille afin de maîtriser la situation

              et éviter de nouveaux conflits. Hélas, les voisins ne cessaient de proférer leur
              méchanceté et moqueries envers mon frère, et là je sentis la colère monter en

              moi. Pendant que mon frère tentait de régler ses comptes avec les deux voisins
              s’acharnant contre lui, je serrais fortement mon cartable des deux mains par la

              poignée, je le soulevais et frappais de toutes mes forces ces deux garnements
              plus grands que moi.


                      Pour la première fois, je me défoulais sur nos voisins tout en les
              injuriant. Ce n’était que justice rendue. Je n’avais pas supporté leur méchanceté

              gratuite, et ce jour là je décidais que plus personne ne se moquerait de mon

              frère et surtout ne jamais se laisser dominer par qui que ce soit, et quoiqu’il
              arrive, faire face à l’ennemi et l’affronter, qu’il soit grand, fort, méchant ou
              impressionnant.





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