Page 60 - La pratique spirituelle
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L’observation est, en réalité, toujours présente, y compris               brille constamment d’une seule et même lumière, quels que
            celle du moi qui est en demande d’allègement d’une souf-                     soient les voiles qui puissent la recouvrir. C’est vers cette per-
            france qu’il a lui-même créée.                                               manence de la conscience qu’orientent constamment la com-
                                                                                         préhension non duelle et le questionnement qui ramène l’at-
                                       *                                                 tention vers ce qui précède la pensée.
                                     *  *
                                                                                                                   *
            J’ai une question concernant le rituel de la puja où l’on invite le
            divin à se confondre avec un objet de dévotion, une image, une                                        *  *
            statue. Pensez-vous qu’il s’agisse de vieilles croyances magico-             Dans la recherche, peut-on alterner l’investigation et la dévo-
            religieuses qui ne sont qu’un reflet de notre infantilisme ?                 tion ? N’est-ce pas contradictoire ?
               Chaque mental est structuré et conditionné sur un mode                       Le besoin d’investiguer la nature de la réalité est le reflet
            qui lui est propre, incluant la culture et la civilisation dont              d’un amour pour la vérité. Lorsque cet amour devient total, sans
            il est imprégné. Il y a de multiples modalités d’adoration du                compromis, il est dévotionnel. Vous savez alors ne pas rendre
            divin. La puja en est une. Révérer le divin, l’unité présente en             service à votre prochain en vous embourbant vous-même dans
            chacun, est un acte de conscience, qui a le pouvoir de rame-                 les méandres de vos pensées. Ce qui vous ramène à l’essence de
            ner la conscience à elle-même. Même chez des êtres qui ont                   votre être est une bénédiction pour l’entourage, car c’est une
            réalisé leur véritable nature, il en est qui continuent les pra-             opportunité pour lui de quitter la souffrance des points de vue
            tiques rituelles auxquelles ils sont habitués, les nourrissant de            relatifs. L’amour est, quand je ne suis pas. Et si vous éprou-
            leur amour et de leur présence. Pour d’autres, ces pratiques                 vez le besoin de focaliser votre attention sur un objet dévo-
            tombent, dès lors que s’est révélé ce vers quoi elles tendent.               tionnel, gardez dans l’esprit que cet objet n’est qu’un support
                                                                                         d’attention, et qu’il ne fait que réfléchir la réalité qui l’éclaire.
            Quand on s’adresse à Dieu pour une demande, tout cela n’est-                 Le doigt n’est plus alors confondu avec la lune qu’il désigne.
            il que l’expression de notre ego refusant le monde tel qu’il est ?
               Toute demande est égotique. Même la demande d’être                                                  *
            libre de demande vient du moi. Mais c’est la demande ultime,                                          *  *
            puisqu’elle meurt dans la non-demande, qui est la réalité                    J’aimerais avoir votre avis sur cette méthode Ho’ponopono.
            même de votre être.                                                          Pensez-vous que cela soit possible, en répétant les phrases, de
                                                                                         se guérir ou de guérir quelqu’un ? Cela semble incroyable, voire
            Quelle est la position de l’Advaita Vedanta sur la prière ?                  magique, surtout sans voir les gens...
               Ce que vous êtes est, sans qu’aucun chemin ne puisse vous                    Les trois phrases qui sont attribuées au Dr Len sont « par-
            y mener. Vous ne pouvez aller d’un lieu à un autre que si vous               don », « merci » et « je vous aime ». Le pardon se réfère à
            êtes localisé. La nature de ce que vous êtes est non localisée               l’absence de jugement. C’est dans l’absence de jugement que
            et non localisable. Elle échappe donc à toute saisie mentale, et             l’amour se dévoile. Le merci est une expression de la gratitude.




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