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             Dimanche 17 Novembre 2019


                                                                       Festival international Dimajazz
                             Alger
                     La pièce de                OUD  ET SONORITÉS AU RYTHME

              théâtre GPS, une

                      critique de         ÉLECTRO AU MENU DE LA 4E SOIRÉE

             l'homme moderne
                                          Le duo Duoud a transporté le public, vendredi soir lors de la 4e soirée du 16e festival Dimajazz de Constantine,
             Le Théâtre national algérien  dans un voyage musical hallucinant,alliant majestueusement le subtil mélange de la vibration classique du oud,
            (TNA) a abrité jeudi la pre-                                   l’improvisation du jazz et du rythme électro.
            mière de la pièce GPS de Mo-
            hamed Charchal, qui a misé
            sur un mélange entre les
            techniques   cinématogra-
            phiques, le théâtre, le mime
            et le mouvement pour faire
            passer des messages criti-
            quant    l'égarement  de
            l'homme moderne entre ses
            idées et principes et son rap-
            port au temps.
            Cette    frénésie   d'être
            constamment pressé d'attein-
            dre un but est illustrée par
            des personnages en quête
            d'une destination, symbolisée
            par un train qui passe et re-
            passe, sans qu'ils ne se déci-
            dent à le prendre, trop
            occupés les uns des autres et
            au final, sans faire attention
            au temps.
            Evoluant à travers des ta-
            bleaux quasi distincts, la
            pièce a été pensée par le
            metteur en scène comme un
            spectacle humoristique en se
            basant sur les capacités des
            acteurs en termes de mouve-
            ments du corps.
            La pièce est interprétée par      omposé du luthiste algé-  qui leur a valu le prix du meilleur  mière partie de soirée, le groupe  Mêlant les sonorités orientales et
            des talents qui ont émergés       rien Mehdi Haddab, mem-  nouvel arrivant aux BBC Music  algérien AVC (Astral vibes conspi-  occidentales dans une osmose qui
            dans le 4e art, ces dernières  Cbre du célèbre groupe    Awards, a interprété les tubes  racy) avait déjà annoncé la couleur  frise la perfection , les musiciens
            années, notamment Moha-     Speed Caravan et du tunisien  ''Midnight for dancing with friends  pour ce qui allait être une soirée  originaires d'Oran ont eu droit à
            med Houas, Adila Soualem,   Jean-Pierre Smadja , connu pour  in your living room'' ''Johnny Gui-  de pur bonheur musical, une soi-  une standing ovation, eux qui
            Sabrine Boukraa, Sara Gharbi,  ses nombreux albums sous le nom  tar'' ''Zanzibar'' '' Get sexy get  rée faite de découvertes et de fu-  faut-il le souligner n'étaient jamais
            Abdenour Yessad, Mourad     de Smadj, Duoud armés de leurs  mad'' créant une communion  sions en tous genres.      montés sur scène auparavant.
            Madjram, Mahmoud Bouh-      ouds électriques ont dès les pre-  dansante avec un public en totale  La formation composée d'Ous-  La  seizième édition du festival in-
            moum et Yacine Brahim.      miers instants de leur spectacle  extase Après plus d'une heure du  sama Becissa (Oud), Ramy Maa-  ternational du jazz, Dimajazz, se
            La musique est composée par  enflammé l'auditoire à coup de  show ,Mehdi Haddab et Smadj ont  louf(Flute), Mohammed Amaidia  clôturera le samedi 16 novembre
            Adel Lamamra, la scénogra-  rifs et de distorsion dans à un style  quitté la scène sous les applaudis-  (Guembri) et Hassan Khoualef  sur le Wonder Collective - Tribute
            phie est signée par Abdelma-  musical dont eux seuls ont le se-  sements d'un public qui s'est dé-  (Batterie) a scotché le public avec  to Stevie Wonder (WOCO), qui
            lek Yahia et l'éclairage Chawki  cret. nLe  duo qui s'est révélé aux  lecté  d'un  univers  musical  les morceau ''traveling'', le bien-  rendra hommage à l'œuvre de la
            El Messafi.                 yeux du monde en 2006 avec leur  combinant multiples influences  nommé ''transcendance'' ou en-  légende de la Soul : Stevie Won-
                                        premier l'album ''Wild Serenade",  techno, jazz, rock, groove . En pre-  core le très aérien ''Cosmic soul''.  der.


                                                                                Fica
             Projection d'un documentaire en hommage au maître


                                            du diwane, Mohammed Bahaz


            "Mohammed Bahaz, maâlem gnawi", un  musicien du gnawi qui a baigné dés sa  cellent joueur de kerkabou et du gambri,  également des témoignes auprès des
            documentaire dédié au grand maître de la  tendre enfance dans l’univers diwane. Issu  instruments phares de cette musique très  proches de dont sa fille, Djamila, qui fait
            musique diwane, a été projeté vendredi  d'une famille de mélomanes de Blida,  répandue dans le Sahara algérien (Adrar,  partie avec ses trois autres frères, de sa
            soir à Alger en présence de son réalisateur,  Bahaz, raconte, tout au long de ce docu-  Béchar et Ghardaia) et dans certains pays  troupe nommée El Hilal. Né en 1942, Mo-
            Dominique Lavigne.                  mentaire, ses expériences singulières et  voisins comme le Mali et le Maroc, le maâ-  hammed Bahaz demeure un des anciens
            Présenté dans le cadre du programme  moments forts d'un parcours riches en  lem se rappelle encore de ses premières  praticiens du diwane algérien, art dans le-
            hors compétition du 10e Festival interna-  souvenirs. Accompagné par son complice  performances de rue et cérémonies di-  quel excelle ce septuagénaire malgré des
            tional du cinéma d’Alger (Fica), dédié au  et ami, le plasticien Denis Martinaz, qui  wane qui drainaient des foules. Appuyé  soucis de santé. Ouvert le 7 novembre
            film engage, le documentaire retrace le  l’interroge tout au long d’un voyage à tra-  d’archives anciennes retraçant en images  dernier, le 10e Fica a mis en compétition
            long parcours de Mohammed Bahaz, une  vers les Douieret et les ruelles de l’an-  des cérémonies et spectacles diwane, le  24 films entre documentaires et fictions.
            légende vivante et un des grands pion-  cienne Ville des roses, Bahaz- atteint d'un  documentaire donne à voir le Maalem sur  Huit autres films sont au programme de la
            niers du du gnawi, ces chants, danses et  handicap oculaire causé par une maladie-  scène exécutant des rituels de cette mu-  sélection hors compétition qui se poursuit
            musique accompagnant des cérémonies  , partage une carrière d'un demi-siècle,  sique spirituelle à travers des danses, jeu  samedi avec à l’affiche trois documen-
            familiales et religieuses. Sorti en 2019, ce  dédiée à cet art populaire, sous-estimé  de kerkabou et de gambri et des chants  taires algériens: "Les enfumades du
            documentaire de 46 minutes, dépeint ce  par la population locale, regrette-t-il. Ex-  répétés en chœur. La réalisatrice a recueilli  Dahra", "La décennie noire" et "Nar" .
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