Page 34 - MOBILITES MAGAZINE N°50
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 Politiques & institutions
d’huile végétale dans le gasoil de- vait atteindre 10 % mais en 2020, l’Union européenne a limité cet objectif à 7 % afin de limiter le re- cours à cette ressource empiétant sur les terres agricoles servant à produire l’alimentation des popu- lations et des animaux. L’objectif est de remplacer ces biocarburants de première génération par une seconde génération.
Les pétroliers et même certains constructeurs automobiles travail- lent sur de nouvelles évolutions des carburants. Porsche développe actuellement un carburant de syn- thèse qui serait capable de réduire de 85 % les émissions de CO2 face à son équivalent fossile, et envisage de le tester à grande échelle dès l’année prochaine. De nouveaux carburants arrivent, mê- lant gasoil fossile avec une part plus importante d’huiles transfor- mées, soit issues directement de l’agriculture, soit par des huiles ali- mentaires recyclées. Certains de ces nouveaux carburants peuvent être utilisés sur une majorité de véhicules diesel sans modification technique.
Les différents carburants alternatifs pour remplacer
le gasoil fossile
Une chose est certaine, les véhicules à moteur diesel ne peuvent pas tous être remplacés du jour au lendemain par de nouvelles alter- natives. Dans les transports urbains, les motorisations gaz ou électriques ont le vent en poupe, mais les parcs nécessitent une période d’amortissement relativement longue. Les transporteurs ne peu- vent pas assumer un remplacement rapide des véhicules déjà en place et supporter un tel coût, tout comme les collectivités locales. Le passage à des véhicules GNV ou électrifiés nécessite des installations coûteuses pour permettre la cir- culation quotidienne des autobus.
De même, pour les transporteurs ayant pour activité le transport occasionnel, la solution électrique adaptée n’existe pas encore et le gaz présente ses limites pour l’au- tonomie et l’approvisionnement pour les voyages touristiques. Malgré tout, il existe des alterna- tives pour les véhicules diesel qui vont permettre de réduire la pol- lution émise par ce type de moto- risation, y compris pour les véhi- cules répondants aux anciennes normes de pollution encore en circulation et majoritaire dans la plupart des parcs des entreprises de transport (Euro 4 et Euro 5, voir plus anciennes).
Il existe actuellement 3 types de carburants alternatifs au gasoil fossile traditionnel reposant sur l’usage d’huiles de type Ester mé- thylique d’Huile végétale, Ester méthylique d’Huile animale, d’Ester méthylique d’Huile usagée ou en- core de déchets graisseux.
Le XTL est un gasoil paraffinique de synthèse répondant à la norme EN 15940. Il présente l’avantage d’être compatible avec une grande majorité de véhicules sans modi- fication. Son utilisation est possible avec les moteurs diesel Euro 1 à Euro 6. Il se décline en quatre pro- duits. Le HVO, obtenu à partir d’huile végétale hydrogénée, le GtL (Gaz to Liquid) utilisant du gaz liquide, le CtL (Coal to Liquid) utili- sant le charbon et le BtL (Biomass to Liquid) qui consiste à utiliser la conversion thermochimique de la biomasse.
D’après les industriels produisant du gasoil XTL, les émissions de gaz à effet de serre sont réduites de50à85%comparéesàunga- soil traditionnel. De plus, les émis- sions de particules fines cancéri- gènes seraient en baisse de près de30%.
Le B30 est un mélange de gasoil classique avec une part de 30 % de biocomposants reposant sur
Avec un carburant
comme le B100, une surconsommation de l’ordre de3%estàprendreen compte. Le mauvais élève au niveau consommation sera l’ED95. L’utilisation
de ce carburant entraîne une hausse de
la consommation de
30 à 50 % supérieure
à un gasoil fossile.
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