Page 19 - EXTRAIT ANACALYPSE
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et Katerina étaient spontanément venues s’asseoir près d’elle,
toutes deux armées de leur sourire, d’un sac de couchage et
d’une trousse de premiers secours, prêtes à intervenir au cas où.
Elles avaient passé la nuit côte à côte, sans avoir besoin de se
parler vraiment, et s’étaient quittées à l’aube en se promettant
de se revoir le lendemain. Depuis, elles s’étaient retrouvées
souvent pour bavarder, échanger des astuces nécessaires à leur
survie en ce lieu bouleversé, pour plaisanter et rire, complices
de par leur proximité d’âge tout autant que par les épreuves
communes.
Comme elle s’avançait pour rejoindre son amie, Terry
remarqua que celle-ci n’était pas seule mais accompagnée d’un
vieux couple de voisins, serrés l’un contre l’autre sous une
couverture épaisse. Terry les avait rencontrés eux aussi à la
faveur de ces nuits d’angoisse, au cours desquelles la peur de
quelque chose de plus grand et de plus terrible que l’humain
les avait fait se pelotonner ensemble sur les trottoirs et dans
les voitures.
« Monsieur Yorgos, madame Ioanna, comment allez-vous ?
Pas de nouveau dégât chez vous ?
— Ce soir, a priori pas grand-chose… Mais nous avons
préféré sortir tout de même, on ne savait pas si ça allait frapper
encore », lui répondit la vieille dame, avant que son mari ne
demande :
« Et toi, alors, encore une fois dehors, hein ! Tu es la seule
de ton immeuble à être sortie. Où sont les autres ?
— Les propriétaires dînaient ce soir chez leurs enfants
dans le quartier d’Alimos, ils ont dû rester y dormir, répondit
Terry. Et la famille Drosopoulos est partie la semaine dernière,
je crois qu’ils sont en Allemagne, chez un oncle.
— Chez le frère du père Drosopoulos, précisa Anastasia.
En tout cas, c’est chez lui qu’ils ont affirmé s’installer
lorsqu’ils sont venus dans nos bureaux pour leur déclaration
de migration.
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