Page 197 - Constant, Alphonse-Louis (1810-1875). Dogme et rituel de la haute magie (Nouv. éd.) par Eliphas Lévy. 1930.
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188 DOGME DE LA HAUTE MAGIE.
auréole; c'est un feu, mais il peut aussibien appar-
tenir aux tourments de l'enfer qu'aux offrandes
d'encens promises au ciel. Pour s'emparer de lui,
il faut, comme la femme prédestinée, lui mettre le
pied sur la tête.
Ce qui correspond à la femme cabalistique, dans
le monde élémentaire, c'est l'eau, et ce qui corres-
pond au serpent, c'est le feu. Pour dompter le
serpent, c'est-à-dire pour dominer le cercle de la
lumière astrale, il faut parvenir à se mettre hors
de ses courants, c'est-à-dire à s'isoler. C'est pour
cela qu'Apollonius deThyane s'enveloppait entière-
ment dans un manteau de laine fine sur lequel il
posait ses pieds, et qu'il ramenait sur sa tête puis
ilarrondissait en demi-cercle sa colonne vertébrale,
et fermait les yeux après avoir accompli certains
rites qui devaient être des passes magnétiques et
des paroles sacramentelles ayant pour but de fixer
l'imagination et de déterminer l'action de la vo-
lonté. Le manteau de laine est d'un grand usage
en magie, et c'est le véhicule ordinaire des sorciers
qui vont au sabbat, ce qui prouve que les sorciers
n'allaient pas réellement au sabbat, mais que le
sabbat venait trouver les sorciers isolés dans leur
manteau et apportait à leur translucide les images