Page 213 - Constant, Alphonse-Louis (1810-1875). Dogme et rituel de la haute magie (Nouv. éd.) par Eliphas Lévy. 1930.
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occultes tout est réel, et les théories ne s'établissent
que sur les bases de l'expérience. Ce sont les réa-
lités qui constituent les proportions de l'idéal, et le
mage n'admet comme certain dans le domaine des
idées que ce qui est démontré par la réalisation. En
d'autres termes, ce qui est vrai dans la cause se
réanse dans l'effet. Ce qui ne se réalise pas n'est pas.
La réalisation de la paroLe, c'est le verbe propre-
ment dit. Une pensée se réalise en devenant
parole; elle se réalise par les signes, par les sonset
par les figures des signes c'est là le premier dé
gré de réalisation. Puis elle s'imprime dans la
lumière astrale au moyen des signes de l'écriture
ou de la parole elle influence d'autres esprits en
se reflétant sur eux; se réfracte en traversant le dia-
phane des autres hommes, y prend des formes et
des proportions nouvelles, puis se traduit en actes
et modifie la société et le monde c'est là le der-
nier degré de réalisation. Les hommes qui .nais-
sent dans un monde modifié par une idée en appor-
tent avec eux l'empreinte, et,c'est ainsi que le verbe
se fait chair. L'empreinte de la désobéissance
d'Adam, conservée dans la lumière astrale, n'a pu
être eSacée que par l'empreinte plus forte de l'o-
béissance du Sauveur, et c'est ainsi qu'on peut