Page 49 - Essais de sciences maudites / par Stanislas de Guaita. 1890-1920.
P. 49
48 ESSAIS DE SCIENCES MAUDITES
est assurée « Le duc Frédéric de Brunswick,
qui fut empereur un instant, avait refusé de se
rendre à une citation des francs-juges il ne sor-
tait plus qu'armé de toutes pièces et entouré de
gardes. Mais un jour, il s'écarta un peu de sa
suite et eut besoin de se débarrasser d'une par-
tie de' son armure on ne le vit point revenir.
Les gardes entrèrent dans le petit bois où le duc
avait voulu être seul un instant; le malheureux
expirait, ayant dans les reins le poignard de la
Sainte Vehme et la sentence pendue au poignard.
On regarda de tous côtés et l'on vit un homme
masqué qui se retirait d'un pas solennel per-
sonne n'osa le poursuivre »
Au moyen âge, le Mal eut comme le Bien ses
ligueurs mystérieux et ses secrètes assemblées.
Je n'aurais garde ici de dépeindre après tant
d'autres les orgies priapesques et sadiques du
sabbat criminel rendez-vous d'empoisonneurs et
de bandits, qui, sauvegardés par le prestige d'une
terreur superstitieuse, s'évertuaient à épaissir sur
leurs agissements les plus fantastiques ténèbres.
A lire le procès de Gilles de Laval, seigneur de
Retz, les cheveux dressent sur la tête et la nausée
monte aux lèvres mais on entre de plain-pied dans
ce monde néfaste de la magie noire, où les rites
Eliphas Lévi, Histoire de la Magie, pages 261-262.