Page 53 - Essais de sciences maudites / par Stanislas de Guaita. 1890-1920.
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de Rosenroth, Éliphas Lévi mais la plupart des
occultistes, suivant leur tempérament spécial et les
innuences prépondérantes de leurs milieux, se can-
tonnent dans l'une des trois sciences d'Hermès,
dont chacune correspond à l'un deses troismondes.
Les kabbalistes, fascinés par les grands pro-
blèmes métaphysiques, aspirent à la connaissance
du Monde D~m. Portés de préférence à la
psychologie, les augures (et je range sous cette
étiquette devins, astrologues, chiromanciens,
physiognomistes, cartomanciens, phrénologues),
déchiffrent les problèmes du Monde moral.
Quant aux alchimistes, plus enclins à l'étude des
lois de la physique matérielle, ils sont les scruta-
teurs du Monde naturel ou ~M~e.
Mais la primitive synthèse est une et cohésive à
ce point, que tous ces savants, quelles que soient
leurs préférences,.se réclamant des mêmes axiomes,
ramènent tout aux mêmes principes et, pour pé-
nétrer les mystères de la science qu'ils ont spécia-
lement élue, ils doivent dresser d'abord l'échelle
analogique des correspondances dans les trois
mondes, et rebâtir intégralement ainsi tout au
moins durant leur période d'apprentissage l'é-
difice hermétique des anciens maîtres.
Signalons en quelques traits les plus célèbres
initiés du moyen âge et des temps modernes.
Sous Pépin leBref, c'estle kabbaliste Zédéchias,