Page 54 - Essais de sciences maudites / par Stanislas de Guaita. 1890-1920.
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AU  SEUIL  DU  MYSTÈRE           53


                   à la  puissance  fascinatrice de  qui  les hommes de
                   cette  époque  attribuent les  phénomènes  dont ils
                   'sont terrines,  disent les  chroniques.  « L'air est
                   -plein  de  figures humaines  le ciel reflète des  pa-
                   lais,  des  jardins,  des flots  agités,  des vaisseaux les
                   voiles au  vent,  des armées  rangées  en bataille. L'at-
                   mosphère  ressemble à un  grand  rêve. On croit dis-
                   tinguer dans l'air des sorciers  répandant  à  pleines
                   mains les  poudres  malfaisantes et les  poisons  »
                     Ceux   qui  ont lu l'abbé de Villars savent  que
                   penser  de cette  orgie d'étranges visions,pAo~
                  phiées  dans la lumière du soleil   à la suite de
                   quelles pertubations fluidiques  ces  mirages  se suc-
                   cèdent-ils,  tour à tour éblouissants et  terribles,
                   pareils  aux reflets coloriés d'une immense lanterne
                  magique ?.   Toujours  est-il  qu'Hermès  a écrit cet
                   axiome       «  Q~~  superius,  sicut et  ~M<a?m/e-
                  ~'M~. » Il est dans l'ordre   le ciel d'une
                                            que             époque
                  troublée renète l'incohérence des choses terrestres.
                     Au siècle de saint  Louis,  c'est le rabbin  Jéchielé,
                  électricien  remarquable  et doublement détesté des
                  sots  pour  son  génie  et son crédit  surprenant auprès
                  du roi de France. Le              la
                                       soir-quand      lampe mys-
                  térieuse du  mage rayonne~  à sa  fenêtre,  comme une


                     Éliphas,Rist. de  Ma~t'e,p.  250.
                     L'on s'expliquait d'autantmoinsl'éblouissantéclatdecette
                  lampe,qu'on l'avaitvues'allumer spontanément, et qu'on la
                  savait dépourvue d'huileet demèche.
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