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Beti Ellerson / Les professionnelles africaines du cinéma    601

         le soutien et la création de liens comme moyen d’autonomisation et d’en-
          gagement. Cette pratique de l’interconnexion a été le cadre dans lequel les
          praticiens  africains  ont souvent fonctionné,  et se poursuit encore  au-
          jourd’hui.
            Ainsi, Femmes Africaines dans le Cinéma ajoute à son titre, Femmes
          Africaines dans le Cinéma, les médias audiovisuels et la culture de l’écran
          afin d’appréhender la diversité des supports de l’image en mouvement, la
          télévision, la vidéo, le Web et les dispositifs d’écran actuels et futurs, qui
          intègrent également la narration transmédiatique. De même, les environne-
         ments axés sur le cinéma dans lesquels évoluent de nombreuses praticiennes
         africaines exigent de superviser de multiples tâches et d’exercer diverses
         fonctions tout au long du parcours cinématographique. La fluidité de ces
         rôles, bien qu’elle soit peut-être vigoureuse et exigeante, pour certains qui
         sont obligés d’en gérer plusieurs à la fois, permet également une compré-
         hension plus large, facilite le travail en réseau et élargit les possibilités de
         diffusion.

            La communication, en tant que vaste catégorie englobant les divers as-
         pects de l’échange d’informations, d’idées et de culture, en tant que moyen
         d’éducation et d’expression artistique et créative, a été l’orbite dans laquelle
         ont circulé certains des pionniers notables du cinéma africain. Les deux
         branches d’activité ont servi de terrain d’entraînement pour les femmes qui
         ont tracé la voie pour les nombreuses autres qui les ont suivies; de plus, le
         terrain a souvent été dans un contexte transnational.
            Annette Mbaye d’Erneville, pionnière du journalisme sénégalais, a été
         à l’avant-garde de la production culturelle de son pays. À la veille de l’in-
         dépendance, elle était à l’avant-garde d’une variété d’organismes culturels,
         dont une culture cinématographique qui a jeté les bases des infrastructures
         culturelles contemporaines. Ses  influences dans la culture  cinématogra-
         phique se sont étendues au journalisme de radio, de presse écrite et de télé-
         vision, et au-delà. Elle a  été l’une des  fondatrices  du  mouvement  des
         femmes au Sénégal, et sa voix féministe pionnière a résonné dans divers
         milieux culturels, notamment le cinéma, où elle a été une figure marquante
         dans le développement du public sénégalais en tant que cinéphile et lecteur
         culturel.
            La place prépondérante qu’occupe Sarah Maldoror, française d’origine
         guadeloupéenne, en tant que pionnière du cinéma africain met en évidence
         la complexité de la dénomination et les problèmes d’identification dans le
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