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Ces initiatives internationales centrées sur les femmes, qui ont vu le jour
au cours des dernières décennies, reflètent l’effort constant des femmes afri-
caines de l’image en mouvement pour insister sur des représentations po-
sitives et valorisantes des femmes en tant que modèles et à des postes de
direction. Comme le soulignent les résultats de la recherche, les images po-
sitives de femmes modèles pourraient conduire à une augmentation du nom-
bre de femmes occupant des postes de direction. Cette affirmation était l’une
des principales prémisses de la <<Déclaration des femmes africaines pro-
fessionnelles du cinéma, de la télévision et de la vidéo>> lors de la réunion
panafricaine historique de Ouagadougou pour le FESPACO en 1991, qui
déclarait :
que si les images produites par les femmes africaines ne donnent pas une autre
vision de la réalité des femmes africaines, le risque est grand que les femmes
elles-mêmes, parce qu’elles sont les principales éducatrices des enfants, les ci-
toyens de demain, ne soient pas en mesure de montrer une autre vision du
monde.
Ce moment fondateur est devenu la genèse d’un mouvement. Ce ras-
semblement a été le catalyseur de la naissance d’un mouvement panafricain
institutionnalisé des femmes dans le cinéma. Peu après, en alliance avec
l’Union Panafricaine des Femmes de l’Image Animée nouvellement fondée,
par des entités régionales et nationales ont vu le jour ou des coalitions ont
été formées avec des organisations existantes. Vingt ans plus tard, afin de
promouvoir les œuvres des femmes dans le cinéma au niveau continental,
les Journées Cinématographiques de la Femme Africaine de l’Image (JCFA)
ont été créées. Lancées à Ouagadougou, au Burkina Faso, en 2010 par le
FESPACO, elles se tiennent en alternance avec le festival biannuel. Lors
de la 26ème édition du FESPACO en 2019, l’UNESCO a mis en avant les
femmes et les politiques de soutien au secteur cinématographique en
Afrique. Une table ronde de haut niveau intitulée « 50 ans de FESPACO :
50-50 pour les femmes » a été organisée avec la participation d’Audrey
Azoulay, directrice générale de l’UNESCO, et de Madame Sika Kaboré,
première dame du Burkina Faso. La table ronde a réuni des femmes ci-
néastes et des distributeurs de films ainsi que des ministres de la culture
d’Afrique de l’Ouest pour discuter des défis auxquels les femmes sont
confrontées pour accéder aux financements et aux possibilités de formation
dans les industries africaines du cinéma et de la radiodiffusion. Elle a éga-
lement examiné la question de l’égalité des sexes dans les politiques cultu-
relles nationales et la représentation des femmes aux postes de décision.
Au cours des trois dernières décennies, une pléthore d’entités culturelles
initiées par des femmes africaines ont été créées tant en Afrique, aux ni-

