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Beti Ellerson / Les professionnelles africaines du cinéma    609

          africaines de créer des réseaux, d’exprimer leurs préoccupations et de né-
          gocier leur place, dans le même contexte que les manifestes écrits et les dé-
         clarations avec résolutions qui suivent.
            On y trouve donc plusieurs rapports et actes de conférences dont le but
         est de planifier, d’élaborer des stratégies et de mettre en œuvre des objectifs.
         En outre, les pratiques des festivals de films englobent des engagements
         plus larges en matière de cinéma et sont, peut-être, certains des espaces les
         plus importants pour présenter les buts et les objectifs des organisations ci-
         nématographiques et des cinéastes individuels, ainsi que pour les mettre en
         œuvre et en même temps présenter des films et des débats à leur sujet qui
         n’auraient pas lieu autrement. Et avec l’omniprésence des médias sociaux
         aujourd’hui, les documents visuels sous forme de clips vidéo et de diapo-
         ramas poursuivent l’appel à l’action en visualisant les idées, les préoccu-
         pations et les stratégies de changement. C’est pourquoi cette sélection tente
         d’intégrer également ces médias qui, ensemble, reflètent les visions et les
         voix passées, présentes et futures des femmes africaines.
            Sarah Maldoror
                                      Faire un film signifie prendre position,
                               et lorsque je prends position, j’éduque les gens.
                                                        Sarah Maldoror


            En 1974, la revue Women and Film (n° 5-6) a présenté Sarah Maldoror (1929-
            2020) en trois parties sous la rubrique «Third World Perspectives». Cette série
            constitue l’une des premières analyses complètes en langue anglaise de ses pre-
            mières œuvres, avec ses réflexions sur son film et une interview. Le volume a
            été publié peu après l’achèvement de son œuvre maîtresse, Sambizanga, sortie
            en 1972. Des extraits de l’interview réalisée par Elin Clason de Film & TV
            Stockholm, ainsi que de la discussion de Sarah Maldoror sur le film, sont pré-
            sentés ici sous la forme d’une déclaration de l’artiste, donnant un aperçu de son
            statut de précurseur : Panafricaniste, féministe, productrice culturelle par ex-
            cellence. Ses mots, ses pensées et ses actions trouvent un écho dans un grand
            nombre de manifestes, de déclarations et de prises de position prononcés par la
            suite par des cinéastes et des organisations africaines, et servent donc de textes
            séminaux pour les femmes de l’image en mouvement qui suivent ses traces.

            Extraits de l’interview :
            Je fais partie de ces femmes modernes qui essaient de combiner travail
          et vie de famille et, comme pour toutes les autres, c’est un problème pour
          moi. Les enfants, ont besoin d’un foyer et d’une mère.
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