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                Car, il n’y a pas si longtemps, les gens ici croyaient que tout ce qui se
             passait en Angola était une petite guerre tribale. Ils ne tenaient pas compte
             de notre volonté de devenir une nation indépendante : était-ce possible que
             nous, les angolais, soyons comme eux, les portugais... non, ce n’était pas
             possible…
                Je ne suis pas un adepte du concept de <<tiers monde>>. Je fais des films
             pour que les gens, quelle que soit leur race ou leur couleur, puissent les com-
             prendre. Pour moi, il n’y a que des exploiteurs et des exploités, c’est tout. Faire
             un film, c’est prendre position, et quand je prends position, j’éduque les gens.
             Le public a besoin de savoir qu’il y a une guerre en Angola, et je m’adresse à
             ceux d’entre eux qui veulent en savoir plus. Dans mes films, je leur montre un
             peuple qui se prépare à se battre et tout ce que cela implique en Afrique: ce
             continent où tout est extrême, les distances, la nature, etc. Les combattants de
             la libération sont par exemple obligés d’attendre que les éléphants soient pas-
             sés devant eux. Alors seulement, ils peuvent traverser la campagne et trans-
             porter leurs armes et leurs munitions. Ici, en Occident, la résistance avait
             l’habitude d’attendre la nuit. Nous attendons les éléphants. Vous avez des ra-
             dios, des informations, nous n’avons rien...
                Certains disent qu’ils ne voient pas d’oppression dans le film. Si je vou-
             lais filmer la brutalité des portugais, alors je tournerais mes films dans la
             brousse. Ce que je voulais montrer dans Sambizanga, c’est la solitude d’une
             femme et le temps qu’il faut pour marcher.

                «Étude» Les femmes et les médias publique en Afrique
                Les recherches menées sur les femmes africaines dans les médias lors d’un
             voyage d’étude des journalistes Elma Lititia Anani (Sierra Leone), Alkaly Mi-
             riama Keita (Niger) et Awatef Abdel Rahman (Égypte) ont été présentées à la
             Commission économique des Nations unies pour l’Afrique à Addis-Abeba, en Éthio-
             pie, du 24 au 30 septembre 1978. Les résultats ont été publiés dans Women and the
             Mass Media in Africa: Cases Studies of Sierra Leone, the Niger and Egypt, en 1981.
                Les résultats de l’étude ont été présentés sous la forme d’une analyse du contenu
             des médias dans les trois pays étudiés, avec des conclusions et des recommandations
             spécifiques à chaque contexte. En outre, un index fournit des recommandations détail-
             lées de stratégies, applicables à l’ensemble de l’Afrique, pour proposer des images
             réalistes des femmes dans les médias et pour accroître et améliorer les possibilités de
             formation et d’emploi des femmes dans les médias publics africains.

                Extrait de l’introduction de la publication :

                Si l’Afrique veut se développer aussi rapidement qu’elle le pourrait, il
             faut reconnaître l‘impact potentiel des médias de masse. La presse, la radio
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