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Beti Ellerson / Les professionnelles africaines du cinéma 607
veaux local et régional, que dans la diaspora. Nombre de ces projets ont
pour objectif de promouvoir et d’autonomiser les femmes africaines, d’au-
tres de fournir des images positives de l‘Afrique dans son ensemble et d’of-
frir une vitrine à la production cinématographique. Une sélection
d’exemples parmi beaucoup d’autres :
- En Afrique du Nord, le Festival International du Film de Femmes de
Salé, fondé en 2004 au Maroc, a pour objectif d’encourager l’essor de
la cinématographie féminine dans le monde et de faciliter la compré-
hension de l’autre à travers ses films.
- En Afrique de l’Ouest, l’Association des Femmes Mauritaniennes de
l’Image, créée en 2009, regroupe des femmes dans les domaines tech-
niques et artistiques des médias visuels.
- En Afrique de l’Est, le Festival du Film Féminin d’Udada, créé en
2014, a été un lieu important pour la promotion et l’autonomisation des
femmes cinéastes et des intervenants africains, ainsi que pour la présen-
tation de leurs œuvres.
- Dans la région de l’Afrique centrale, le Festival du Film Féminin Ta-
zama, basé à Brazzaville, créé en 2015, sert de plateforme d’échange,
de rencontre et de partage pour les femmes cinéastes du continent afri-
cain.
- Dans la région de l’Afrique australe, au Zimbabwe en particulier,
l’Africa Women Filmmakers Trust (AWFT), créé en 1992, souligne l’im-
portance des technologies de la communication comme outil d’autono-
misation.
- Au cours de la même décennie, le Women Filmmakers of Zimbabwe
(WFOZ) a été créé dans le but de renforcer, par le biais de l’image en
mouvement, une perspective de genre des expériences et des histoires
des femmes.
- Depuis sa création en 2002, le Festival International du Film d’Images
pour les Femmes (IIFF), basé à Harare, a joué un rôle essentiel dans la
promotion, l’exposition et la critique de films centrés sur les femmes et
présentant des représentations positives des filles et des femmes.
Ces initiatives témoignent également du leadership des femmes et de
leur désir de travailler en réseau et de s’allier à divers acteurs internationaux
qui soutiennent leurs intérêts. En l’espace d’un demi-siècle, une véritable
culture cinématographique s’est développée à travers le continent et la dias-
pora africaine, composée d’entités locales, régionales et continentales axées
sur le cinéma, toutes n’ont pas perduré et certaines n’existent que de nom.
Les communiqués, les déclarations, les manifestes, les énoncés de mission,

