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             contexte des cinémas africains transnationaux et diasporiques. La vie per-
             sonnelle et professionnelle de  Sarah  Maldoror  est intimement  liée  à
             l’Afrique. Son compagnon de longue date, Mario de Andrade, était un
             écrivain angolais et l’un des dirigeants du Mouvement Populaire de Libé-
             ration de l’Angola (MPLA), avec qui elle a eu deux filles. En tant que ci-
             néaste engagée, elle a réalisé plusieurs films en Afrique sur les luttes de
             libération, dont le célèbre Sambizanga (1972, Angola-France), qui lui a valu
             une renommée internationale. Sa vision panafricaine et universelle constitue
             donc une énigme pour les systèmes de classification qui tentent d’enfermer
             les cinéastes et les praticiens africains dans des désignations nationales, une
             pratique qui devient de plus en plus difficile à l’ère contemporaine où les
             réalités de la diaspora africaine ne cessent de s’étendre.
                Dans l’histoire des femmes africaines dans le cinéma, les récits des pion-
             nières sont révélateurs des expériences et pratiques personnelles et profes-
             sionnelles des femmes qui les suivent. Elles viennent au cinéma pour des
             raisons diverses et l’exercent pendant des périodes plus ou moins longues,
             certaines une seule fois, dans un but précis, pour retrouver leur métier d’ori-
             gine. Celles qui viennent d’autres domaines relient les pratiques cinémato-
             graphiques à des intérêts variés, tandis que d’autres encore s’attachent à
             utiliser la caméra comme principal outil d’expression. Ces histoires mon-
             trent également la nature péripatéticienne de leurs pratiques cinématogra-
             phiques, leurs connexions avec des entités en Occident et, en même temps,
             leur engagement ferme envers leur culture, leur histoire, leur pays et le
             continent africain. De plus, leurs expériences relaient l’interdisciplinarité
             de leurs perspectives et de leur vision du cinéma, multiple, fluide et chan-
             geante.
                Un examen chronologique des principaux marqueurs de l’évolution des
             femmes africaines dans la culture cinématographique met en évidence l’envi-
             ronnement social, politique, culturel et économique qui a été vital pour la sur-
             vie et le succès des praticiens et des professionnels dans ce domaine. En outre,
             il décrit les pratiques des femmes africaines de l’image en mouvement qui,
             soutenues par les événements locaux, régionaux, continentaux et mondiaux
             de leur époque, ont reproduit ces expériences dans leur travail.
                Le discours et les engagements des mouvements de pré-indépendance
             dans les années 1950 ont préparé le terrain pour les premières porteuses de
             culture telles qu’Annette  Mbaye  d’Erneville  et  Sarah  Maldoror, qui
             étaient directement impliquées  dans les réunions  et  les discussions  qui
             avaient lieu parmi les influenceurs politiques et culturels des mouvements
             de décolonisation en Afrique et dans le monde. Ainsi, au début des années
             1960, l’ère de la libération pour la plupart des pays africains a représenté
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