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             dateurs est révélateur de la multiplicité des activités menées par les profes-
             sionnels du cinéma en Afrique. Ces deux institutions, le FESPACO et la
             FEPACI, ont donc constitué l’infrastructure de base d’une culture cinéma-
             tographique panafricaine institutionnalisée. Au cours de la création de ces
             deux organisations, les femmes ont joué des rôles importants. Dans le cas
             du FESPACO, la Burkinabé Alimata Salembéré a joué un rôle formateur
             en tant que membre fondateur et présidente du comité d’organisation de la
             première édition, et continue à occuper une place importante en tant que
             pionnière  dans  la formation  d’une culture cinématographique  africaine
             continentale. Le comité d’organisation des deuxième, troisième et quatrième
             éditions du FESPACO a également été présidé par une femme, Simone
             Aïssé Mensah. En 1983, en tant que secrétaire générale, Alimata Salem-
             béré a supervisé la 8 ème édition du festival. Par conséquent, l’établisse-
             ment d’une culture cinématographique continentale, qui était l’objectif de
             ces institutions, a pris racine au cours de la décennie des années 1960, avec
             des femmes occupant des postes de direction de premier plan. Parallèle-
             ment, au cours de la même décennie, des mouvements de femmes ont pris
             forme à travers le continent, parallèlement à ceux qui se développent au ni-
             veau mondial.
                L’activisme des années 1970, au cours desquelles la Décennie des Na-
             tions Unies pour la Femme a été déclarée en 1975, a été influencé par les
             mouvements féminins et féministes mondiaux qui ont évolué dans les an-
             nées 1960. L’éclatement des activités préparatoires à la première conférence
             de l’ONU, qui s’est tenue à Mexico en 1975, jusqu’à la dernière de la Dé-
             cennie de la Femme, qui a eu lieu à Nairobi en 1985, et au-delà, avec la
             quatrième conférence mondiale sur les femmes qui s’est tenue à Pékin en
             1995, a permis de garantir que l’accent mis sur les questions relatives aux
             femmes aurait un impact visible et durable.
                De même, les projets initiés par les Nations Unies ainsi que d’autres ini-
             tiatives internationales d’ONG autour des femmes et du développement et,
             en particulier les organisations initiées par des africains, étaient ancrés dans
             l’appel à l’action mondial en faveur des femmes. Ces initiatives compre-
             naient le plaidoyer et la sensibilisation des médias, la recherche sur les
             femmes africaines dans les médias de masse et les films liés à la sensibili-
             sation au développement et à l’autonomisation des femmes. Des films réa-
             lisés par  des  femmes africaines  ont été  produits  sous  les  auspices des
             Nations Unies, ainsi que des recherches sur les femmes dans les médias de
             masse par des femmes africaines. L’étude de 1978 a été soutenue par le
             Centre Africain de Formation et de Recherche pour les Femmes/Fonds vo-
             lontaire  pour  la  Décennie  des  Nations  Unies  pour  la  Promotion  de  la
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