Page 67 - LES FLEURS DE MA MEMOIRE ET SES JOURS INTRANQUILLES_Neat
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Il m'avait installée gentiment sur ses genoux, pour s'adonner en public et
en toute discrétion à ses attouchements et pulsions malsaines. J'avais envie de
crier, de m'échapper, mais j'avais honte et j'avais peur de me faire gronder, me
sentant fautive de ce genre de situation que je ne connaissais pas. Je me sentais
sale, humiliée, mais je restais muette, totalement renfermée. Si j'en parlais à
maman, me croirait-elle, probablement penserait-elle que cela était le fruit de
mon imagination ? Un client si gentil et attentionné qui nous apportait
régulièrement des friandises ! Je passerai probablement pour une mauvaise
fille ? Alors je me taisais et il réitérait ses actes, jusqu'au jour où il proposa à
maman de m'emmener faire un tour en voiture. J’ignore si maman lut la frayeur
dans mon regard ou sur mon visage, mais elle comprit ma détermination
devant cette ferme refus de ma part prétextant des devoirs à terminer et je
m'échappais furtivement.
Maman n'en parla jamais, je pense qu'elle n'avait pas réalisé, ce qui
s'était passé à son insu, elle avait probablement pensé que ce refus était du à
cette nature introvertie et ma grande timidité. Une chose est certaine j'avais
probablement échappé au pire et épargné ma sœur cadette qu'il commençait à
observer avec un certain intérêt bien qu’elle le fuyait régulièrement. On ne le
revit plus jamais.
C'est à cette période que j'ai commencé à détester la bourloire, et tout ce
qu’elle comportait. Désormais, je me contentais de jouer dans le jardin aux
grandes herbes folles et j'essayais d'oublier, et personne n'avait remarqué que
j’évite de passer par la bourloire.
Il y eu aussi le compagnon de ma tante qui vivait en face de chez nous, et
lorsque ma tante venait aider maman au bistrot, on me demandait d’aller lui
porter le repas du soir. J’étais pré-adolescente, il fit une tentative de force pour
me coller au mur et tenter de m’embrasser, je me débattis de toutes mes forces,
et je m’enfuis, mais n’en parlais jamais à personne. Désormais je refusais de me
rendre chez ma tante pendant son absence et me renfermais sur moi-même.
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