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table ronde
QUOFI
tation ergonomique, ça peut marcher sur certains Pascal Blache (Taka Yaka) : Cela fait deux ans que
clients, mais pas de manière durable. l’autre point j’essaie de communiquer sur la sécurité, et je n’y ar-
de préoccupation pour le monde professionnel, c’est rive pas, j’ai proposé de faire des vidéos gratuitement
le risque auditif. le port de protections est aussi en à une multitude d’organismes, mais ils ne suivent
deçà de ce qu’il devrait être, certainement également pas. Ils considèrent que si je fais une vidéo, les gens
pour des raisons de méconnaissance de risques qui ne feront plus de formation.
sont totalement irréversibles à partir du moment où
l’audition est atteinte. Les objets connectés
Pascal Blache (Taka Yaka) : Il existe aussi d’autres KS TOOLS Marie-José Nicol (Bricomag) : Sur l’IFa de berlin et
problèmes concernant la sécurité. ainsi quand je mets Alain à ma grande surprise, la moitié d’un hall était dédié
mon casque, je n’entends pas le gars qui arrive derrière BONHOMME aux serrures connectées et d’une façon générale à la
moi. Il y a eu quelques oreillettes auriculaires, mais ce Directeur maison connectée. la Quofi est-elle prête à vendre ce
n’est pas encore très développé, car pas très agréable. commercial genre de produits ?
Activité :
Vianney Hamoir (Cofaq) : l’ePI est encore perçu Fabricant Philippe De Miribel (DomPro) : aujourd’hui, ces
comme une contrainte normative, contrainte de d’outillage à main produits sont plus vus que vendus. nous allons évo-
coût, contrainte de port, pas toujours confortable. CA 2018 : 100 luer avec le temps, mais entre une serrure connectée
ensuite, est-ce que l’équipement est cher par rapport millions € dont en Bluetooth qui reste un objet de quincaillerie et
au fait de pouvoir protéger ses oreilles sur le long 36 millions en toute une maison connectée avec un smartphone, ce
terme, cela se discute. France n’est plus du tout la même chose.
Effectif : 350 dont
100 en France
Pascal Blache (Taka Yaka) : le problème reste tou-
jours un manque d’information ou de canal pour vé-
hiculer cette information afin qu’elle arrive jusqu’à
l’artisan.
Patrick Bilbault (Heller) : dans la continuité de l’ePI
et de la protection individuelle, nous sommes ame-
nés aujourd’hui à proposer des forets adaptés, où la
poussière est aspirée automatiquement. néanmoins
ces gammes de produits sont extrêmement difficiles
à promouvoir par la distribution. elles réclament
beaucoup de communication puisqu’il ne s’agit pas
de produits identifiés comme de pures solutions ePI.
elles devront s’inscrire dans un concept de dévelop-
pement plus global de l’ePI.
Pascal Blache (Taka Yaka) : C’est une affaire de
législation également, en allemagne certaines ma-
chines ne sont pas commercialisées si elles ne dispo-
sent pas d’aspirateurs à poussière. C’est notamment
le cas des perceuses qui sont vendues sur le marché
belge ou allemand. Chez Bosch, il en existe une qui
s’arrête automatiquement, via un bloc sécurité afin
d’éviter de se couper les doigts.
Nicolas Gros (Bosch) : Je pense que quelles que
soient les innovations qu’on puisse apporter, il y a
l’utilisation qui en est faite, déjà beaucoup de choses
existent, mais elles sont mal connues, mal vendues,
mal achetées. Il sera toujours possible d’ajouter des
normes sur des normes, mais elles ne seront pas for-
cément respectées. nous pourrons faire de la forma-
tion, mais encore une fois, ce ne sera pas de la forma-
tion personnalisée, adaptée à toutes les situations,
pour tous les métiers.
Bricomag N°241 42 DÉCEMBRE/JANVIER 2020