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table ronde
QUOFI
batterie et du coup je vais rester chez le même fabri-
cant, je vais me positionner sur tous ses outils, et vais
stocker les mêmes batteries d’une seule catégorie
d’outillage, donc faire de la reprise ça serait très bien.
Nicolas Gros (Bosch) : S’il y a un système de
consignes, c’est sûr que cela va beaucoup plus inci-
ter l’artisan à le faire, mais aussi pour le fabricant,
puisqu’effectivement la notion de plateforme de
batterie est quelque chose de stratégique pour l’en-
semble des entreprises de notre secteur. nous al-
lons avoir fortement intérêt à ce que cela fonctionne
puisqu’on pourra maîtriser le renouvellement du
parc. Il faut simplement essayer de ne pas promou-
voir, je dirais de façon irresponsable, cette profusion
dans la mise sur le marché des batteries. nous avons
une responsabilité sociale importante et je trouve
personnellement que toutes les opérations avec des une filière complète, via des points de collecte où il fau-
batteries gratuites à tout va, est une chose qu’il fau- dra organiser des bacs spécifiques, expliquer, faire de
drait mieux maîtriser, voire freiner. la communication auprès des artisans, etc. ensuite, il
faut trier ces produits qui ont parfois des compositions
Philippe De Miribel (DomPro) : C’est une très assez hétérogènes. Il faut aussi organiser le réemploi
bonne idée. nous avions mis en place pour les bat- quand c’est possible. tout ceci génère des filières à mon
teries automobile la récupération, notamment pour avis assez compliquées à mettre en œuvre et très coû-
le prix de revient du plomb plus que pour l’écologie, teuses. Il est difficilement possible de s’adosser sur des
mais ça reste le même sujet. nous récupérons un structures déjà existantes, il faudra qu’on soit très at-
vieil outil, une vieille pièce pour recycler. C’est évi- tentif. Plus le périmètre de la filière est important, plus
dent qu’en termes d’économie circulaire et d’écono- on peut mutualiser.
mie tout court, quand il faut rendre une consigne,
ça marche beaucoup mieux que quand c’est pour la Marie-José Nicol (Bricomag) : Pas tant que ça, car
sauvegarde de la planète. en même temps plus la filière monte en puissance,
plus elle récupère, plus cela coûte cher de récupérer.
Fabrice Galland (Uniq) : la notion de consigne
existait. J’ai commencé ma carrière chez legrand et à Vianney Hamoir (Cofaq) : Concernant les mutua-
l’époque il y avait une consigne pour les blocs d’éclai- lisations, il y a certainement des choses à faire. Je
rage de sécurité, quand on ramenait un bloc d’éclai- ne comprends pas la position du syndicat par rap-
rage de sécurité, une évacuation d’issue de secours, port à cette démarche. nous allons connaître un
on récupérait sa consigne. changement majeur de notre environnement et les
ressources de la planète s’épuisent. S’agissant de
Marie-José Nicol (Bricomag) : d’une façon géné- l’outillage à main, quels sont les enjeux pour les dis-
rale, les éco organismes que je connais ne fonction- tributeurs ? Quelles actions seront mises en œuvre
nent pas trop mal. en termes d’éco-conception pour limiter l’impact
en amont et le coût de recyclage des produits par la
Fabrice Galland (Uniq) : nous avons majoritaire- suite ? Comment conçoit-on différemment des ou-
ment des produits inertes, donc la récupération est tils, beaucoup plus durables ? Comment allons-nous
un peu moins au cœur du débat donc assez faciles à faire pour en consommer moins ? et comment après
recycler, sous réserve que la filière s’organise. avoir produit du mieux possible, va-t-on essayer de
réparer et à la fin recycler ?
Frédéric Ducloyer (Uniq) : Je voudrais faire part d’une
inquiétude. Je disais que le périmètre était très restreint Frédéric Ducloyer (Uniq) : le SIo soutient absolu-
donc les ressources collectées sont assez limitées. Ce ment cette démarche, mais là où il est permis de se
sont des produits qui ont une durée de vie longue, qui poser une question, c’est à propos de la multiplica-
sont métalliques, dont l’impact environnemental est tion de ces filières reP qui seront compliquées à gérer
finalement relativement restreint. l’éco-contribution pour les entreprises. Il existe la d3e pour l’outillage
doit être aussi adaptée à cet impact environnemen- électrique, ne serait-il pas possible d’inclure l’ou-
tal. au final la ressource collectée va être assez faible tillage thermique classique dans la d3e ? Ceci serait
et derrière, il faut que l’éco-organisme mette en place plus cohérent pour le consommateur et même pour
DÉCEMBRE/JANVIER 2020 47 Bricomag N°241