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J.-M. Foucart, N. Papelard, L. Petitpas,  J. Bourriau




                                    the possibility of causing damage and  induites, variabilité qui dépend du champ
                                    malignant change ». Retenant une relation  d’exposition, des réglages utilisés mais
                                    linéaire sans seuil entre la dose d’irradiation  aussi du type de machine (étant précisé
                                    et le risque d’effet carcinogène, toute  que plus de 85 modèles sont actuelle-
                                    irradiation, aussi minime soit-elle, est  ment commercialisés). Aujourd’hui, les
                                    donc, selon ce modèle, susceptible  nouvelles séquences d’acquisition « low
                                    d’induire un effet malin.                dose » permettent à certains construc-
                                                                             teurs de proposer des modalités d’ac-
           “Dans un premier         Le risque varie notamment selon le type  quisition des images qui génèrent une
           temps, une stricte       de rayonnement, les modalités d’exposi-  irradiation inférieure aux techniques 2D.
           justification basée      tion, le genre (les femmes étant légère-
           sur les signes cliniques,   ment plus sensible que les hommes) et  Nombreuses sont les publications dans
           et ayant pris en compte   l’âge [18] . Les enfants et les adolescents  tous les champs de la médecine dentaire
           les possibilités des     révèlent un risque supérieur à celui des  qui tendent à analyser la puissance
           techniques alternatives   adultes, car ils présentent une sensibilité  diagnostique de ces techniques au regard
           non-irradiantes, doit    cellulaire et tissulaire aux rayonnements  de l’irradiation induite et qui concluent à
           conduire à sélectionner   plus élevée et une espérance de vie plus  leur intérêt tant endodontique [3, 51] , paro-
                                                                                   [5]
           la technique la moins    longue, durant laquelle un processus  dontal , implantaire  [35]  que chirurgical [15] .
           irradiante en fonction   malin pourra se révéler [9,25] . Pour ces
           de l’information         populations, les principes de justification  Concernant l’enfant, une récente étude
           recherchée.              et d’optimisation s’appliquent donc parti-  in vitro a démontré qu’il était possible de
                                    culièrement.                             diviser l’irradiation par 2 tout en conser-
                                                                             vant l’apport diagnostic requis [49]  et une
                                    En médecine bucco-dentaire, les doses  première approche de la localisation des
                                    effectives (qui permettent secondairement  dents surnuméraires à l’aide du cone
                                                                                                                 [1]
                                    d’estimer les risques liés à une irradiation)  beam « low dose » vient d’être publiée .
                                    liées au cone beam sont 4 à 100 fois infé-
                                    rieures (20-500 µSv versus 300-6000 µSv)  Dès  lors,  partant  de ces  données
                                    à celles liées à la tomodensitométrie, tech-  (tableau  6), il est possible d’optimiser
                                    nique qui est la source majeure de risques  l’irradiation qui sera induite lors d’une
                                    en imagerie médicale [24,58] .           recherche diagnostique. La stratégie n’est
                                                                             plus imagerie 2D puis 3D mais doit s’ap-
                                    Même si des protocoles scannogra-        puyer sur le principe ALADA, lui même
                                    phiques « low dose » sont développés  précisé récemment en principe ALADAIP
                                    depuis de nombreuses années, y compris  (« As Low As Diagnostically Achievable
                                    dans  le  domaine  maxillo-facial [59] ,  les  being Indication-oriented and Patient-
                                    doses induites restent en moyenne supé-  specific ») [26,48] .
                                    rieures  à celles induites par la technique
                                    du cone beam.                            Ainsi, dans un premier temps, une stricte
                                                                             justification basée sur les signes cliniques,
                                    Inversement la technique du cone beam  et ayant pris en compte les possibilités des
                                    génère habituellement une irradiation  techniques alternatives non-irradiantes,
                                    supérieure aux techniques 2D classiques  doit conduire à sélectionner la technique
                                    (panoramique  : 14-24 µSv) [58] . Mais, il  la moins irradiante en fonction de l’infor-
                                    existe une grande variabilité dans les doses  mation recherchée.



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