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Un mouvement d’institutionnalisation de la littérature (par le biais de l’Académie Française, créée
          par Richelieu), entraîne des polémiques qui opposent MOLIÈRE aux dévots (Tartuffe, 1664 - 1667),
          PASCAL aux jésuites (Les provinciales, 1656), ou divisent les écrivains (Querelle des Anciens et des
          Modernes, 1680-1700).


          Le siècle des Lumières (1700-1800)

          Les découvertes scientifiques encouragent l’esprit critique. Les philosophes luttent contre le
          dogmatisme et les préjugés, s’en remettent aux lumières de la raison, axent leur réflexion sociale sur les
          idées de bonheur et de progrès.
          Les formes littéraires s’émancipent du carcan classique : contes philosophiques (VOLTAIRE, Candide,
          1759), essais politiques (MONTESQUIEU, De l’esprit des lois, 1748 ; ROUSSEAU, Le Contrat social, 1762) ;
          Encyclopédie (DIDEROT et d’ALEMBERT, 1751-1780). Cette liberté d’expression, se retrouve au théâtre
          (BEAUMARCHAIS, Le Mariage de Figaro, 1784), aura une influence non négligeable pendant la Révolution.




          Les principaux mouvements littéraires
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          du XIX  siècle

          La bourgeoisie accède au pouvoir et impose ses valeurs (le profit, le progrès, la propriété, l’ordre moral).
          Les artistes se définissent par opposition aux valeurs économiques de la société bourgeoise.

          Le romantisme (1820-1850)

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          Il s’annonce à la fin du XVIII  siècle et au début du XIX , dans les textes de CHATEAUBRIAND (René, 1802) ;
          il s’impose en 1820 (LAMARTINE). Rejetant les règles classiques d’imitation autant que le rationalisme
          des Lumières, les romantiques s’intéressent au moi (l’émotion), au sentiment religieux, à la nature, à
          l’Histoire, au Peuple. Poètes, romanciers et dramaturges (HUGO), les romantiques souffrent du mal du
          siècle (tension entre la pauvreté du réel et l’aspiration à l’idéal).


          Réalisme et naturalisme (1830-1900)

          L’école réaliste, vers 1850, oppose l’exigence de vérité aux illusions romantiques. Elle sera plus pauvre
          en littérature qu’en peinture.
          Le réalisme au sens large caractérise déjà vers 1830 les romans de BALZAC, de STENDHAL (ceux
          marqués par le romantisme, mais qui représentent la société réelle), et cette catégorie sera appliquée
          à FLAUBERT (Madame Bovary, 1857).

          Le naturalisme de ZOLA (vers 1880) définit plus rigoureusement cette esthétique de la vérité en
          se référant au modèle des sciences expérimentales.


          L’Art pour l’Art (1850-1880) et le symbolisme (1880-1900)


          Le mouvement de l’Art pour l’Art prétend réagir aux prétentions sociales des romantiques comme à la
          pauvreté littéraire de l’école réaliste. Les poètes parnassiens valorisent la forme.

          FLAUBERT célèbre le style. Le culte de la beauté inspire BAUDELAIRE (Les Fleurs du mal, 1857) ;
          RIMBAUD engage la poésie dans une voie nouvelle par une utilisation de plus en plus audacieuse
          de la langue et de la versification (Une saison en enfer, 1873).
          Le symbolisme place au second plan le monde réel. MALLARMÉ (Poésies, 1887), fait figure de chef
          d’école ; pour lui, le langage poétique doit révéler des vérités cachées.




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