Page 149 - Les Kamasutra
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richesse ou obtiendra satisfaction de quelque désir, ou lorsqu’il sera
          rétabli de quelque infirmité ou maladie ; mettra chaque jour ses
          ornements ; n’agira pas trop librement avec lui ; mêlera son nom et
          celui de sa famille ans ses chansons ; placera sa main sur ses reins, sa
          poitrine et son front, et tombera pâmée du plaisir qu’elle aura ressenti
          à ses attouchements ; s’assiéra sur ses genoux et s’y endormira ;
          voudra avoir un enfant de lui ; ne désirera pas vivre plus longtemps
          que lui ; s’abstiendra de révéler ses secrets le dissuadera des vœux et
          des jeûnes, en lui disant : “Laissez le péché pour mon compte” ;
          observera   avec   lui   les   vœux   et   les   jeûnes,   lorsqu’il   lui   sera
          impossible de changer sa détermination à ce sujet ; lui dira que les
          vœux   et   les   jeûnes   sont   difficiles   à   observer,   même   par   elle,
          lorsqu’elle   aura   à   leur   propos   quelque   discussion   avec   lui ;
          s’occupera de sa propre fortune et de la sienne, sans distinction ;
          s’abstiendra   de   paraître   sans   lui   aux   assemblées   Publiques,   et
          l’accompagnera s’il en exprime le désir ; se plaira à employer des
          choses déjà employées par lui, et à manger de la nourriture qu’il aura
          laissée ; respectera sa famille, son caractère, son habileté ans les arts,
          sa caste, sa couleur, son pays natal, ses amis, ses bonnes qualités, son
          naturel aimable ; le priera de chanter, et de faire d’autres choses de ce
          genre, s’il en est capable ; ira le trouver sans crainte aucune, et sans
          s’inquiéter du froid, de la chaleur ou de la pluie ; à l’égard de l’autre
          monde, lui dira que, là encore, elle sera sa maîtresse ; réglera ses
          propres   goûts   et   ses   actions   suivant   son   désir ;   s’abstiendra   de
          sorcellerie ; se querellera continuellement avec sa mère au sujet des
          visites à lui rendre, et si sa mère l’entraîne de force dans un autre
          endroit, menacera de s’empoisonner, de se laisser mourir de faim, de
          se percer avec une arme quelconque, ou de se pendre ; enfin, lui
          inspirera, au moyen de ses agents, une confiance entière dans sa
          constance et son amour ; et tout en recevant elle-même de l’argent,
          évitera toute discussion avec sa mère sur des affaires d’intérêt.

            Si l’homme se met en route pour un voyage, elle lui fera jurer
          qu’il reviendra promptement, et, en son absence, négligera ses vœux
          d’adoration à la divinité, et ne mettra d’autres ornements que ceux
          qui portent bonheur. Si le temps fixé pour son retour est passé, elle



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